Honduras: indignation après un non-lieu pour l’ex-président Juan Orlando Hernandez dans une affaire de corruption
La justice du Honduras a prononcé mardi 1er septembre un non-lieu définitif à l'égard de l'ancien président du pays Juan Orlando Hernandez, déjà gracié par le président américain Donald Trump après avoir été condamné aux États-Unis pour trafic de drogue. Rentré en juillet dans son pays, il était encore poursuivi pour le détournement de deux millions de dollars de fonds publics. Une décision de justice qui laisse un goût particulièrement amer dans les rues de la capitale, Tegucigalpa.
Publié le : 02/09/2026 - 13:43Modifié le : 02/09/2026 - 13:46
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L'ex-dirigeant de 57 ans, président du Honduras entre 2014 et 2022, était accusé d'avoir détourné 2 millions de dollars de fonds publics dans le cadre du financement de sa campagne présidentielle en 2013.
Un juge a estimé que l'ex-président « n'a pas autorisé » ni « administré » ces fonds, a déclaré à la presse Carlos Silva, porte-parole du pouvoir judiciaire. L'ex-président « n'a pas enregistré d'augmentation de son patrimoine », raison pour laquelle un « non-lieu définitif » a été prononcé, a ajouté le porte-parole.
Sur le trottoir, alors qu'une trentaine de personnes attendent le bus, seul Daniel ose prendre la parole pour dénoncer cette absence de poursuite : « Le manque de respect envers le peuple hondurien est total, s’indigne l'ingénieur informaticien. Et les personnes qui ont fait du mal à la population hondurienne sont libres. Ce n’est pas de la justice ! C’est surtout une injustice », conclut-il au micro de notre correspondante à Tegucigalpa, Marie Griffon.
L'ancien président nationaliste Juan Orlando Hernández, resté huit ans au pouvoir, était accusé d'avoir détourné 2 millions de dollars, dans un des pays les plus pauvres de l'Amérique latine, où 38 % de la population vit avec à peine trois dollars par jour.
Cela ne passe pas, s’insurge Carlos en passant : « Que ce soit 1 million ou 200 euros, c’est un vol qui a été commis à notre encontre ! Ils se moquent de nous, ils enfreignent les lois, ils ne se soucient pas du bien commun, ils veulent juste tout garder pour eux ! »
Pas de manifestations organisées. Les réactions semblent timides de la part des Honduriens, ce que regrette Carla, pharmacienne : « Nous sommes un pays beaucoup trop tranquille, je dirais que nous ne nous battons pas pour nos droits. Mais, comme je le dis, ce que je pense, beaucoup d’entre nous le pensent, mais nous ne faisons rien. »
Mais la mémoire des manifestations contre Juan Orlando Hernández et le Parti national reste vive : en 2014 et 2017, 40 personnes avaient été tuées par les forces de l’ordre.
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