Hongrie: Andras Baka, le «juge qui a dit non» à Orban choisi par le camp Magyar pour devenir président
En Hongrie, le Parlement va élire ce mardi 11 août le nouveau président de la République. Le parti du Premier ministre hongrois Peter Magyar a choisi samedi comme candidat à la présidence du pays Andras Baka, ancien président de la Cour suprême qui avait été destitué par l'ancien Premier ministre Viktor Orban pour s'être opposé à lui.
Publié le : 10/08/2026 - 19:58
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Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère
Après sa victoire triomphale aux élections du printemps dernier, le Premier ministre hongrois Peter Magyar avait promis de balayer l’ancienne élite au pouvoir. Il a tenu parole, en poussant vers la sortie les dirigeants des grandes institutions. L’ancien président de la République, un allié de Viktor Orban, a été destitué de manière expéditive : la nouvelle Assemblée nationale a tout simplement écourté son mandat, grâce à une modification de la Constitution.
Après une période de cafouillage – Peter Magyar avait lancé l’idée que la championne d’échecs Judit Polgar devienne présidente, sans même en parler à cette dernière –, le parti du Premier ministre, qui détient une majorité écrasante à l’Assemblée nationale, a finalement choisi le nouveau chef de l’État. Son élection ne laisse aucun doute. Après avoir été sélectionné parmi une dizaine d’autres personnalités, il est le seul candidat en lice. Il s’appelle Andras Baka, c’est un ancien président de la Cour suprême de Hongrie.
Une belle revanche pour le juge qui a dit non à Viktor Orban
À 73 ans, Andras Baka devient le nouveau président de la République hongroise.
Silhouette élancée et petites lunettes rondes, cet homme distingué est un juriste réputé pour sa compétence. Il a été juge à la Cour européenne des droits de l’homme pendant 15 ans. Il est aussi connu pour son indépendance. En 2012, alors qu’il est président de la Cour suprême de Hongrie, Andras Baka ose s’opposer à Viktor Orban. Ce dernier a fait voter une loi pour purger la magistrature et y nommer des fidèles. Mais Orban ne souffre pas la critique : il limoge aussitôt Andras Baka.
Aujourd’hui c’est une belle revanche pour le juge qui a dit non à Viktor Orban. En Hongrie, le président de la République a un rôle protocolaire, mais il peut refuser de signer des lois s’il les juge contraires au droit.
Sous Viktor Orban, les présidents, qui étaient des fidèles du régime, ont signé sans sourciller des lois liberticides. En choisissant un homme qui n’hésitera pas à contredire le gouvernement, le parti de Peter Magyar contribue à restaurer la démocratie, malmenée par Viktor Orban.
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