Hongrie: les députés adoptent un amendement constitutionnel pour évincer le président pro-Orban
Le Parlement hongrois a adopté lundi 13 juillet un amendement constitutionnel visant notamment à mettre fin au mandat du président Tamas Sulyok, qualifié de « marionnette » de Viktor Orban par le Premier ministre Peter Magyar. Les députés ont adopté l'amendement par 139 voix pour et 6 contre, lors d'un vote boycotté par le parti nationaliste Fidesz de M. Orban, vaincu lors des législatives d'avril après 16 ans au pouvoir.
Publié le : 13/07/2026 - 18:47Modifié le : 13/07/2026 - 19:08
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Avec ce vote, « nous avons achevé la réforme constitutionnelle du régime Orban », s'est félicité Peter Magyar à l'issue du vote. Le dirigeant conservateur pro-européen, qui a remporté les élections législatives d'avril avec une majorité écrasante, a promis de démanteler « brique par brique » le système mis en place par son prédécesseur, champion de l'idéologie illibérale. À commencer par le président qu'il a invité à démissionner à plusieurs reprises, sans succès.
L'amendement constitutionnel en 12 points a donc été adopté par 139 voix pour et 6 contre, lors d'un vote boycotté par le parti nationaliste Fidesz de Viktor Orban, qui dénonce une tentative d'instaurer « un régime autocratique », un reproche qui lui a souvent été adressé par le passé.
Depuis les États-Unis, où il s'est rendu pour assister à la phase finale de la Coupe du monde de football, Viktor Orban a appelé les Hongrois « à résister si le président est évincé de force », dans un message sur Facebook. Tous les regards sont désormais tournés vers ce dernier qui, s'il choisit de retarder son départ en refusant de signer l'amendement voté, pourrait déclencher une crise constitutionnelle.
Départ ou destitution
« Il a maintenant cinq jours pour soit démissionner dans le délai fixé, soit signer cet amendement à la Loi fondamentale », a déclaré Peter Magyar, qui a promis d'engager une procédure de destitution s'il ne le faisait pas.
L'amendement prévoit la fin du mandat de Tamas Sulyok dès le lendemain de son entrée en vigueur, puis l'élection d'un nouveau président pour une durée de cinq ans par le Parlement, où le parti Tisza de Peter Magyar détient la majorité des deux tiers des 199 sièges. Avant le vote, Tamas Sulyok, 70 ans, a dénoncé une procédure qui « viole les principes d'État de droit, de démocratie et de séparation des pouvoirs ».
L'amendement, présenté comme une mesure transitoire jusqu'à l'adoption d'une nouvelle Constitution à l'issue d'une consultation publique, a été également critiqué par des organisations de défense des droits humains. Amnesty International a estimé que Tamas Sulyok avait « droit à une procédure régulière », tandis que Human Rights Watch a jugé que ces bricolages constitutionnels « rappellent l'ère Fidesz ».
Toutefois, le juriste Andras Baka, ancien président de la Cour suprême, dont le mandat avait été écourté sous Orban pour avoir exprimé son inquiétude concernant des réformes judiciaires, estime justifiée la démarche de Peter Magyar si elle ouvre la voie à un nouvel ordre constitutionnel.
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