Un homme de 65 ans est jugé lundi devant le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay pour avoir tiré avec une arme près d’un groupe d’enfants en proférant des injures racistes à leur encontre.

Ajouter aux sources préférées sur Google

Par La Voix du Nord avec AFP Publié: 15 Août 2026 à 14h10

Temps de lecture: 3 min

C’était le 19 avril dernier. Un sexagénaire était sorti de chez lui armé de sa carabine et avait fait feu près d’un groupe d’enfants qui jouaient au ballon dans la résidence d’un quartier défavorisé d’Espaly-Saint-Marcel. Il aurait également proféré des insultes racistes envers ces mêmes enfants.

Interpellé, il avait seulement admis avoir « tiré en l’air » après avoir été traité de « sale blanc », selon la police. Poursuivi dans un premier temps pour « violence avec arme », il avait ensuite été renvoyé devant la justice également pour « injures publiques en raison de l’ethnie, la race ou la religion ». Son procès s’ouvre ce lundi au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay.

« On n’est pas dans la savane »

Le père d’un enfant de 10 ans, assurant que son fils avait été visé et rapportant des insultes racistes qui n’avaient selon lui pas été prises en compte lors des premières auditions, avait déposé une nouvelle plainte pour ces faits deux jours après. Une seconde enquête avait alors été ouverte.

Outre les violences avec arme, il est reproché au prévenu, qui a depuis déménagé, d’avoir notamment crié : « On n’est pas dans la savane, si ça continue je vais en dévisser un » ou encore « on n’est pas les poubelles des Africains ».

« On ne peut pas laisser passer ces faits, qui sont graves, surtout dans un quartier un peu délaissé. Il s’adresse à des enfants », a déclaré Aurélie Chambon, avocate de SOS Racisme et de la LDH (Ligue des droits de l’Homme). « Les faits sont constitués, il y a des preuves matérielles et j’espère qu’il va assumer », a-t-elle ajouté, estimant que cela méritait « une réponse ferme, pas d’ordre symbolique ». L’avocate du prévenu ainsi que celle de l’enfant visé n’ont pas répondu aux sollicitations de l’AFP.

Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté à Espaly le 25 avril contre le racisme. Le sexagénaire « s’est avancé vers les enfants qui jouaient au ballon avec une carabine. Ils lui ont demandé ce qu’il faisait avec, il leur a répondu qu’il avait le droit et que s’ils le faisaient chier, il allait tirer. Puis il a mis en joue mon fils en disant ‘dehors sales nègres et sales arabes’», avait alors relaté Noredine Ezbiti, 45 ans, le père du garçonnet de 10 ans, traumatisé après les faits.

« J’ai bien fait état des propos racistes lors de mon dépôt de plainte mais ça n’a pas été retenu, je crois que l’enquête a été bâclée », avait-il ajouté. Zahia Essebbah, 23 ans, habitante du quartier depuis deux ans, avait elle aussi témoigné d’agressions verbales récurrentes du retraité.

Tournure politique

L’affaire avait pris une tournure politique et plusieurs élus de gauche avaient réagi sur X, dénonçant « une véritable chasse à l’enfant de couleur » et accusant la police d’avoir minimisé les faits.

Lors des questions au gouvernement le 28 avril, Antoine Léaument, député LFI, avait estimé que « cette affaire devrait choquer la France entière. Ce sont des enfants. Mais la parole des victimes est niée ». « Dans n’importe quelle société, cet acte aurait déjà été qualifié d’attaque terroriste », avait embrayé Sabrina Sebaihi, députée du groupe écologiste, pour laquelle il y a « deux poids deux mesures ».

L’individu « dit qu’il est fier d’être raciste. Mais au moment de la première procédure, ces faits n’ont pas été portés à connaissance », avait répondu le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, estimant que ces propos étaient « évidemment très condamnables ».

Contenus sponsorisés

Juste pour vous

A lire aussi

Jordan Bardella a lui-même révélé ces nouveaux revenus.

Jordan Bardella a perçu plus d’un million d’euros de droits d’auteur en deux ans, un troisième livre en préparation

Plus de la moitié de quelque 900 PNC (personnel navigant commercial) d’EasyJet en France se sont déclarés grévistes.

EasyJet : grève d’hôtesses et stewards en France, une centaine de vols annulés ce week-end, un seul à Lille-Lesquin

L’eau est montée et a emporté un homme.

Un homme de 30 ans meurt emporté par l’eau, c’est le second drame en dix jours au Cirque du Fer-à-Cheval

Des travaux sont engagés à l’aéroport d’Orly.

Jusqu’à 30 avions par heure : ces riverains de l’aéroport d’Orly vivent « un cauchemar » cet été

Des pénuries d’essence sont provoquées par la sécheresse.

« Une semaine que ça dure » : une pénurie d’essence est en cours dans plusieurs départements

Lille est touchée par la vague de chaleur. Ici, une personne se mouille la tête à un robinet public.

ANALYSE. Après la canicule, quel choix de société ?

Voir plus d’articles