l'essentiel Le tribunal d'Édimbourg, en Écosse, a condamné la société Clockwork Group Holdings à verser 118 223 £ (environ 138 000 euros) à son ancien directeur financier, Andrew Blyth. Licencié en cinq minutes après un désaccord sur ses primes, le cadre a été victime, selon la justice, d'une "mascarade" orchestrée par son patron.

Un entretien de cinq minutes qui coûte une fortune. Renvoyé brutalement sous le prétexte bidon d'une suppression de poste, un directeur financier écossais a fait condamner son employeur devant la justice, révélant la mauvaise foi absolue de sa direction.

Fin novembre 2025, Andrew Blyth, directeur financier de Clockwork Group Holdings, conteste le montant de sa gratification annuelle, raconte peoplemanagement. Estimant que le calcul est "injuste" et doit être "revu à la hausse", il écrit au propriétaire de l'entreprise, Courtenay Morison.

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L'échange d'e-mails se tend immédiatement. Morison, de son propre aveu "mécontent et contrarié", lui demande de reconsidérer sa position. Du jour au lendemain, le dialogue quotidien entre les deux hommes s'arrête net.

Un licenciement préparé sur Google le matin même

Le 10 décembre 2025, Blyth est convoqué à une réunion éclair d'"environ cinq minutes". Il y apprend la suppression immédiate de son poste pour réduire les coûts, sans préavis ni consultation.

Mais des messages obtenus plus tard via une demande d'accès aux données personnelles révèlent la supercherie : quelques heures avant l'entretien, le patron avait recherché sur Internet des "motifs légitimes de licenciement d'un directeur". Les RH lui avaient ensuite dicté "ce qu'il devait dire et ne pas dire" avant de lui fournir la lettre de renvoi.

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Le juge du travail en charge du dossier a balayé l'argument économique, qualifiant le motif de "supercherie" et de "mascarade". La colère du patron face aux réclamations de son cadre était la seule vraie raison du renvoi.

L'entreprise ayant agi de "mauvaise foi", le tribunal a infligé la peine maximale prévue dans le Code du travail britannique : l'employeur doit ainsi verser 118 223 £ (environ 138 000 €), dont 94 633 £ (environ 110 500 €) pour perte de revenus à son ancien employé. Vouloir économiser une prime n'a jamais coûté aussi cher.