« Il faudrait qu’il soit reconnu patrimonialement » : un concert unique est prévu ce lundi à l’église Saint-Barthélémy pour sauver son orgue Valoncini
Une première absolue au cloître de l’église Saint-Barthélémy à Nice-Nord, ce lundi 24 août 2026, à 20 h : un concert en plein air pour sauver un orgue. Autrement dit, l’orgue Valloncini de 1868 de l’église, en bien triste état.
Cette soirée est à l’initiative de l’association L’Orgue de Saint-Barthélémy. Présidée par Guillaume de La Roche, cette association ne vibre que pour l’orgue historique. Tous les événements qu’elle organise sont dédiés à l’instrument à vent. En compagnie d’autres membres, dont Magali Pyka, professeur de harpe au conservatoire d’Antibes ou Martine Wergmuller ; Cédric Costantino qui fait partie de la direction artistique, signe ce micro-festival d’un jour. Une première coïncidant avec la fête de la Saint-Bathélémy.
Il raconte les péripéties de l’orgue au buffet de bois, probablement construit par Federico Valoncini au XIXe siècle : « Il a été retouché en 1900, en 1920, mais il est extrêmement fragilisé. Son esthétique a subi des changements et surtout, les tuyaux se sont effondrés. Il n’est plus utilisé depuis une quinzaine d’années. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir une valeur patrimoniale et il fait encore référence. »
150 000 euros pour effacer les outrages du temps
Pour restaurer l’orgue, l’association avance « la somme de 150 000 euros, somme pour laquelle le groupement a déjà collecté 20 000 euros depuis 3 ans qu’il existe ».
Obtenir une aide des collectivités publiques ? « Pour cela, poursuit Cédric Costantino, il faudrait une reconnaissance de la spécificité de l’église, elle-même déjà restaurée au XIXe siècle et que l’orgue soit également reconnu patrimonialement. »
Donc, actuellement, les autres mannes sont les bienvenues. « D’où cette manifestation de prestige. Habituellement, les concerts sont en entrée libre dans l’église, mais là, c’est dans le cloître et il faut payer 30 euros ou 20 euros si l’on est adhérent de l’association. »
En résonance avec le sol de Venise
Du prestige dans un cadre rare et privilégié. Du prestige également dans la programmation. Avec un ténor, Fabio Cernicchiaro, « qui possède une voix chaude d’une grande beauté ». Avec un programme correspondant « à une haute construction spirituelle avec Haendel et Bach ».
Une recherche de vibrations puissantes auxquelles vont donner corps un quatuor à cordes et une basse continue. C’est l’ensemble Caranto, dont « le nom évoque la matière du sol de Venise et qui porte les piliers soutenant les maisons ».
Le plus de cette soirée pas comme les autres : « L’aspect patrimonial de l’événement est si bien tissé que la présence d’un relieur, le jour de la Saint-Barthélémy, dont ce saint est le protecteur, rajoute une originalité à la soirée. »