« Il faut freiner, voire arrêter l’urbanisation » : ce nouveau maire près de Draguignan détaille ses priorités pour les prochains mois et fixe le cap pour 2027
Élu avec 47,6 % des voix, le nouveau maire de Régusse, René Bonnet, 71 ans, entend tourner la page d’un mandat municipal marqué par de fortes tensions. Réorganisation des services, finances, réouverture de la piscine, offre médicale et maîtrise de l’urbanisation : l’édile détaille ses priorités pour les prochains mois et fixe le cap pour 2027.
Vous avez été élu avec 47,6 % des voix. Quel message retenez-vous des Régussois ?
Je pense que le fait d’être un enfant de Régusse a compté. Lors de mon premier mandat, j’étais élu dans un groupe d’opposition indépendant et nous n’avions pas adopté une attitude agressive. Les électeurs ont sans doute aussi retenu cela.
Les choses se sont-elles apaisées depuis votre élection ?
Le mandat 2020-2026 a été exécrable. Il y avait quatre groupes, dont trois d’opposition et un groupe dissident. La somme des quatre constituait la majorité, tandis que Mme la maire précédente était en minorité. Certains échanges n’étaient pas dignes d’élus. Pendant la campagne, j’avais fait de l’apaisement mon principal objectif. Il y a eu des attaques contre moi, notamment sur les réseaux sociaux, mais aussi au moment de la passation, ce qui a été pénible. Certaines attaques venaient de personnes qui n’habitent pas à Régusse.
Quelle a été votre première grande décision ?
Nous avons voulu réorganiser les services municipaux. Cela nous a pris quatre à cinq mois. Une réunion a récemment permis de présenter la nouvelle organisation aux agents. Ils sont une trentaine. J’espère maintenant que cette nouvelle organisation fonctionnera.
Florian Escoffier / Nice-matin
Avez-vous découvert des difficultés en arrivant aux responsabilités ?
Nous connaissions l’existence de certains contentieux, qui subsistent, mais nous en avons également découvert d’autres. Je ne souhaite pas les détailler pour l’instant.
Et concernant les finances ?
À notre arrivée, il a fallu refaire le budget, ce qui n’a pas été facile. Cette année, nous nous consacrons aux frais d’études. Deux chemins communaux ont également été refaits, tout comme le plan de circulation. En 2027, nous voulons passer à la mise en œuvre des projets et aux travaux.
Quels projets en 2027 ?
Nous allons déposer le permis de construire pour la piscine d’ici à la fin septembre. Celle-ci est fermée depuis cinq ou six ans en raison d’une fuite. Même si elle n’est pas rentable, elle a un pouvoir attractif pour la commune. Nous comptons démarrer les travaux en mars ou avril, pour une ouverture en 2028 si tout se déroule comme prévu. La pataugeoire, qui est actuellement intégrée au grand bassin, sera extraite pour être installée à côté. Je demanderai également, le moment venu, une subvention exceptionnelle à l’agglomération.
Manque-t-il d’autres équipements publics ?
La police municipale était installée à côté de l’accueil de la piscine. On dit qu’il faut mettre l’église au centre du village. Moi, j’ai voulu mettre la police municipale au centre du village ! Nous avons trouvé un local qui était occupé par une ostéopathe. Elle a accepté de rejoindre le pôle médical, qui était alors vacant. Les policiers n’ont pas encore déménagé. Nous devons d’abord organiser une réunion pour connaître leurs besoins en matière d’aménagement, puis réaliser quelques travaux en régie.
Cherchez-vous à compléter l’offre médicale ?
Oui. L’ostéopathe occupe désormais l’un des deux locaux du pôle médical. J’attends une réponse, fin septembre ou début octobre, d’un médecin généraliste qui pourrait assurer des permanences plusieurs fois par semaine à Régusse. Nous sommes également sur la piste d’un dentiste pour un autre bâtiment du village. Mais l’ARS nous impose des transformations spécifiques liées à cette activité dans un bâtiment pourtant pratiquement neuf. C’est assez onéreux.
Photo VM
Votre volonté est aussi de contenir l’urbanisation ?
C’est essentiel. Cela ne plaira pas forcément à tout le monde, mais il faut arrêter ou, au minimum, freiner l’urbanisation et attendre les schémas directeurs concernant l’eau, l’assainissement, les poteaux incendie et le pluvial. Ce travail va prendre trois à quatre ans. Cela nous permettra ensuite de repartir sur de bonnes bases. La commune n’a pas de PLU, celui-ci ayant été retoqué en 2023. Nous l’avons relancé avec des modifications. Une zone qui était constructible lors du précédent mandat a notamment été rendue non constructible. Le projet doit être soumis au conseil municipal le 28 septembre, puis une période de deux mois de recours suivra.
Vous engagez-vous à ne pas augmenter les impôts locaux ?
Je n’ai fait aucune promesse sur ce point. S’il faut augmenter la fiscalité, je le ferai. Je ne chercherai pas à plaire.