Il habille Monica Bellucci, Adriana Karembeu ou Dua Lipa, l'ascension fulgurante du designer Ariégeois Diego Guillen : "Il faut se faire remarquer, la concurrence est rude !"
l'essentiel À 25 ans, Diego Guillen, Appaméen, se lance dans la création de mode avec sa propre marque éponyme. Formé à Toulouse puis à Paris, le jeune designer cultive un univers futuriste, sculptural et volontiers spectaculaire. Après avoir habillé Adriana Karembeu, Monica Bellucci ou encore Dua Lipa, il prépare aujourd’hui sa première collection de prêt-à-porter haut de gamme.
Il suffit de l’écouter parler de son parcours pour comprendre que chez Diego, la mode est une vocation. À neuf ans déjà, il remplit ses cahiers de modèles et de dessins de mode dans sa chambre, Résidence Le Jardin des arbres, chemin de Bourges. "L’idée de devenir créateur ne m’a jamais quitté", confie-t-il. Sa passion, il la doit en partie à sa mère Béatrice. "Elle adore la mode, elle m’a emmené partout." Son père Youri lui transmet, lui, le goût du cinéma. Deux univers qui nourrissent encore aujourd’hui son imaginaire.
Après avoir effectué sa scolarité au sein de l’établissement Jean XXIII et obtenu un baccalauréat ES au lycée du Castella, Diego poursuit son parcours à Toulouse en intégrant l’école de mode ESIMODE. Il y suit quatre années de formation de styliste avant de rejoindre Paris et l’Atelier Chardon Savard pour un master de créateur de mode.
Une période de liberté artistique totale
"Les profs nous poussaient à être hypercréatifs. Je n’avais aucune barrière, aucune limite." Pendant un an, il travaille presque en autonomie complète sur sa collection de fin d’études. Ses expériences professionnelles viennent ensuite compléter sa formation. Six mois au sein de la marque Atlein, où il découvre notamment le drapé et le travail très structuré du vêtement, puis six mois chez Balmain, au sein du studio de création. Il rejoint ensuite Longchamp et découvre l’univers de la maroquinerie. Il restera dans le vêtement : "Le styliste va créer des looks avec différentes pièces. Moi, je suis designer : je crée le vêtement."
Son inspiration, Diego la trouve autant dans le cinéma que dans la mode. "Ma collection de master était entièrement inspirée par Alien et 2001, l’Odyssée de l’espace. Je reste passionné par le Cosmos, la conquête spatiale, la science-fiction et le rétrofuturisme. Pierre Cardin et Thierry Mugler restent mes références."
Ses vêtements jouent avec les volumes, les corsets, les baleines et les drapés. Il aime aussi travailler le vinyle, une matière qu’il cherche à "défétichiser pour la rendre chic et classe".
Des podiums aux dressings des célébrités
Les réseaux sociaux deviennent rapidement un formidable accélérateur. Il se rend notamment aux Fashion Weeks avec une amie modèle portant ses créations, à la recherche des photographes et des contacts. "Là, il faut se faire remarquer, la concurrence est rude !" poursuit-il. Une stratégie qui porte ses fruits.
Adriana Karembeu portera son trench rouge. Monica Bellucci apparaîtra dans une de ses tenues dans Vogue Portugal. Jaden Smith porte à son tour le fameux trench rouge. Et, récemment, Dua Lipa a choisi la version noire du trench pour Vogue Italia. "Son styliste a fait une sélection, le trench est parti à New York. Lorsque l’on reçoit ce genre d’appel, c’est impressionnant !" raconte Diego.
En juin 2026, il décide de se lancer à son compte et crée sa marque éponyme, Diego Guillen. Depuis quelques mois, une agence parisienne s’occupe de ses pièces et de leurs placements dans les magazines. Aujourd’hui, il travaille à transformer cet univers : "J’espère présenter mes pièces dans les prochains mois, avant un lancement en ligne et, pourquoi pas, un pop-up store."
Son ambition ? Une marque indépendante dans le prêt-à-porter haut de gamme, et à plus long terme, pourquoi pas "La maison Diego Guillen."
Pour y parvenir, Diego assume le vertige du début. "Depuis que je suis à Paris, j’ai eu beaucoup d’opportunités. J’ai de la chance, je suis très bien entouré, j’ai des gens qui croient en moi. Mais je reste toujours très anxieux."
Pour se ressourcer, il revient toujours à Pamiers. C’est là que tout a commencé.