"Il m’insulte depuis des années de tous les noms" : violent sur sa mère et sous l’empire de stupéfiants, il est condamné à deux ans de prison
Âgé de 46 ans, un Narbonnais a été condamné par le tribunal judiciaire, lundi 20 juillet, à deux ans de prison, dont un an ferme, pour avoir frappé sa mère en juin dernier à Sallèles-d’Aude.
De retour à la barre. Un homme de 46 ans, né à Narbonne et vivant à Sallèles-d’Aude, comparait, lundi 20 juillet, devant le tribunal pour violences aggravées sur sa mère. Déjà condamné en février 2023 pour des faits de même nature survenus en 2021 et mis sous bracelet électronique depuis décembre dernier, il est hébergé par sa mère sur les bords du canal du Midi depuis plusieurs mois, avant d’être placé en détention provisoire le 12 juin.
Le 10 juin au soir, la mère mange chez elle avec une amie, quand surgit le fils visiblement sous l’empire de l’alcool et de stupéfiants. Il casse un tiroir, plusieurs objets dont de la vaisselle, et pousse la table contre sa mère qui tombe par terre, avant de la menacer de mort. Les voisins préviennent la gendarmerie, qui était déjà intervenue au domicile de l’accusé quatre fois sur les cinq derniers mois pour différents faits de tapage. La mère se retrouve avec plusieurs hématomes sur le flanc droit et les bras. On lui prescrit deux jours d’ITT.
Ça ne peut plus continuer comme ça
"Je me souviens juste que j’ai relevé ma mère", édulcore le prévenu, qui s’est montré peu loquace au cours du retour sur les faits, en niant avoir été menaçant envers sa mère. Il reconnaît cependant avoir consommé de l’alcool au moment des faits. Présente à l’audience, la mère s’est dite désespérée de la situation : "Il m’a poussée, il est violent. Il m’insulte depuis des années de tous les noms, ça ne peut plus continuer comme ça." Le quadragénaire demande un suivi pour son addiction à l’alcool, après une postcure à Limoux qu’il ne juge "pas assez importante". Sans emploi et enchaînant les petits boulots de jardinage après avoir travaillé pendant longtemps dans la viticulture et le bâtiment, il déclare avoir "une consommation épisodique de cocaïne".
"Il ne va pas bien, déclare Julien Dubois, procureur de la République. Le témoignage de sa mère est déchirant. Cette personne a besoin d’aide, mais il met actuellement en danger ses proches qui tentent de l’aider à sortir de cette spirale infernale." Il requiert un an de prison ferme et un an avec sursis probatoire pendant trois ans. Il ajoute des obligations de soins, d’une activité professionnelle, de payer les sommes dues au Trésor public ainsi qu’une interdiction d’entrer en contact avec sa mère et son amie et de paraître à Sallèles-d’Aude.
Interdit d’entrer à Sallèles-d’Aude
"Ce soir du 10 juin, pour l’avocate de la défense, il a mis en danger sa mère par son état, mais il s’est aussi mis en danger lui-même. Depuis le début de sa détention, il est dans un moins bon état qu’avant." Elle considère que les soins seraient une "solution indispensable" pour son client, demandant également un suivi psychiatrique et une possibilité d’entrer dans un établissement pour soigner ses addictions. "Je m’excuse auprès de ma mère pour tout ce que j’ai fait", déclare l’accusé avant le délibéré.
Le prévenu est condamné à un an de prison ferme et un an de sursis probatoire pendant deux ans. Le tribunal a par ailleurs suivi les réquisitions. Face à l’étonnement du quadragénaire à l’écoute de sa peine, la présidente Clémence Caron lui assène : "Le tribunal n’est pas là que pour chercher des solutions, il est aussi là pour punir."