« Il n’a pas besoin de ça » : le combat d’un père pour faire enlever les portraits de ses enfants de la tombe de leur mère infanticide
Près de deux ans après le triple infanticide de Taninges, en Haute-Savoie, le père conteste l’installation de médaillons des enfants sur la sépulture de leur mère. Les grands-parents refusent. Il a saisi la justice.
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Le 12 novembre 2024, Deborah avait tué à l’arme blanche ses trois enfants, Victoria (13 ans), Noé (11 ans) et Jules (2 ans), dans le village de Taninges, en Haute-Savoie. Elle s’était ensuite donnée la mort en Suisse. Mais près de deux ans plus tard, la douleur est encore immense chez leurs proches.
C’est le cas de Damien, le père de Victoria et Noé, qui mène depuis des mois un combat contre les grands-parents des enfants et parents de Deborah. En cause, la tombe de la mère, sur laquelle ont été installés les portraits et les noms des trois enfants. Pour le père, c’est inconcevable.
« Je n’ai jamais vu une chose pareille »
Les corps des trois petites victimes ne se trouvent pas dans cette tombe. Selon le journal Le Parisien, le père des deux aînés attend la fin prochaine de l’enquête « pour déposer les urnes funéraires contenant les cendres dans un lieu de recueillement ». En attendant, aucune sépulture ne permet de rendre hommage aux enfants.
Avec son avocate, Damien a d’abord demandé aux grands-parents de retirer les médaillons. Une démarche à l’amiable qui a essuyé un refus. « Je pensais, un peu naïvement, qu’à l’instant où je leur avais signalé que c’était indécent, qu’ils allaient enlever les médaillons. Je ne m’attendais pas à une fin de non-recevoir », explique Me Fanny Colin.
L’avocate dit comprendre que les grands-parents veuillent disposer d’un « lieu de recueillement pour leurs petits-enfants (...) mais pas en apposant des photos des victimes sur la tombe de leur assassin présumée. Cela paraît insensé, je n’ai jamais vu une chose pareille ! »
« Un deuil immense »
Une procédure judiciaire devant le tribunal administratif de Grenoble s’est ensuite soldée par un nouvel échec. « On envisage une saisine sur le fond, on étudie toutes les voies de recours possibles », indique Me Colin. Pour Damien, toute cette histoire « est terriblement douloureuse. Il n’a pas besoin de ça. Depuis le drame, cet homme n’a jamais repris le travail, il a été hospitalisé à plusieurs reprises. »
Du côté des grands-parents, qui s’expriment aux aussi par la voix de leur avocat, il s’agit de faire son deuil. Ils « souhaitent simplement rappeler qu’ils étaient la famille proche de ces enfants, qu’ils ont été présents auprès d’eux et dans leur quotidien, et qu’ils vivent depuis leur disparition un deuil immense », indique leur conseil au Parisien.
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