"Il n’a pas le droit de claquer des doigts et de dire aux gens de dégager" : le nouveau maire RN d’Orange annule un concert-hommage à Queen, l’organisateur l’attaque en justice
l'essentiel Ce sont près de 1 000 choristes bénévoles qui se retrouvent mis à la porte du théâtre antique d’Orange. Le nouveau maire RN a décidé d’annuler un concert-hommage à Queen, provoquant la colère de l’organisateur. Un recours devant le tribunal administratif a été déposé.
L’événement promettait pourtant d'être monumental. Alors que près de 1 000 choristes amateurs se préparaient depuis quelques mois à faire vibrer le Théâtre Antique d'Orange, la nouvelle municipalité Rassemblement national a décidé d'annuler le spectacle gratuit "Queen Forever" qui devait, à la rentrée, rendre hommage au légendaire groupe de rock britannique.
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Porté par l'école de chant de David Hardit, ce projet participatif devait rassembler plusieurs centaines de choristes amateurs venus de toute la France sur la scène du prestigieux théâtre antique d’Orange, accompagnés par des musiciens professionnels et par le chanteur Mickey Callisto.
La date de la représentation n'avait d'ailleurs pas été choisie au hasard : le concert devait se tenir le 4 septembre 2026, exactement la veille de l'anniversaire de Freddie Mercury, né un 5 septembre, et trente-cinq ans après la disparition de l'icône du rock. Au-delà de sa dimension artistique, ce rendez-vous culturel devait être offert gratuitement au public.
La mairie RN décide finalement d'annuler
Et pourtant, le 25 juin dernier, à peine plus de deux mois avant la représentation, la production a reçu un courrier de la municipalité. Le maire RN d'Orange, Jean-Dominique Artaud, a décidé d'annuler la date, invoquant des raisons budgétaires. Un revirement incompréhensible pour l'équipe technique et les artistes, car le contrat avait été formellement validé l'année précédente par l'ancien maire d'extrême droite, Yann Bompard, séduit par l'idée de proposer cette grande fête musicale et participative à ses administrés.
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Pour David Hardit, gérant de DH Productions et porteur de ce spectacle, la sidération a très vite laissé place à la colère. L'organisateur dénonce le non-respect d'un contrat signé pour un coût global de 40 000 euros pour la commune (afin de rémunérer les techniciens, musiciens et chanteurs professionnels), mais il pointe surtout du doigt "un profond manque d'humanité envers les participants".
Très remonté contre la méthode employée, il n'hésite pas à s’emporter contre l'édile auprès de La Dépêche : "Ce monsieur, il est juste maire, il n'est pas cardiologue, il ne sauve pas des vies, et ce n'est pas Dieu, il n'a pas le droit de claquer des doigts et de dire aux gens "dégagez", ce n'est pas bien."
100 000 euros de frais avancés
Au-delà de la déception, le préjudice économique et logistique est immense pour les choristes qui s'étaient organisés de longue date et sous forme de volontariat. "Les hôtels sont pleins, parce que les choristes ont réservé des chambres, les bus sont réservés", recompte David Hardit, qui évalue à près de 100 000 euros les frais de déplacements et de logement engagés individuellement par ses élèves.
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Par ailleurs, le producteur balaye d'un revers de main l'argument de rigueur financière avancé par la mairie. S'appuyant sur les documents budgétaires de la mairie, il assure que la situation financière de la ville est largement compatible avec le maintien du concert. "Avec 11 millions d'euros d'excédent pour un spectacle qui coûte 40 000 euros, où est le problème budgétaire ?", s'interroge-t-il, estimant que les véritables motivations de cette éviction soudaine sont à chercher ailleurs.
La mairie et l'organisateur devant le tribunal le 27 juillet
Bien décidé à défendre les intérêts de son spectacle, David Hardit a décidé de déposer un référé devant le tribunal administratif de Nîmes. L'audience est fixée au 27 juillet prochain, date à laquelle la justice administrative examinera l'affaire et rendra son délibéré, offrant un ultime espoir pour les passionnés de voir leur projet réhabilité.
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Contactée par La Dépêche, la mairie d’Orange assure qu’il s’agit d’un "arbitrage budgétaire" assumé dans le cadre de la nouvelle mandature, que la rupture du contrat s’est faite dans le respect des clauses prévues et attend désormais la décision du tribunal administratif.