C’est en plein cœur de la Seine-Saint-Denis, au Stade de France, le 25 septembre au soir, que le pape Léon XIV a encouragé 80 000 jeunes à se fortifier dans la foi. Galvanisée par de nombreux témoins d’hier et d’aujourd’hui, par un chœur et une orchestration de 2 500 étudiants et jeunes professionnels, la veillée a illuminé le cœur des participants.

Couronnées entre autres par de magnifiques tableaux de l’histoire sainte de France, l’ostension de la sainte tunique et les complies, la parole de nombreux témoins et l’enseignement du Saint-Père ont stimulé chez les jeunes la belle ambition d’être à leur tour les saints dont l’Église, leur pays et le monde ont besoin.

Les mots de notre devise nationale, « liberté », « égalité », « fraternité » ont rythmé l’échange entre le Saint-Père et les jeunes, leur rappelant ainsi que ces termes n’ont pas d’abord, pour nous chrétiens, une valeur républicaine, mais bien plutôt une source toujours plus profonde dans la bonne nouvelle du Christ. Léon XIV les a ainsi exhortés à s’engager de manière concrète et durable dans la vie de la cité en redécouvrant la beauté d’une vraie liberté et d’une réelle fraternité.

Un appel à l’action et à l’espérance une jeunesse avide de croire

Un vibrant appel à l’espérance a résonné dans le Stade de France : « Pour nous, vivre c’est le Christ ! », ont scandé 80 000 jeunes à l’appel du pape, afin de les encourager à aligner leur vie à la charité du Christ, qui n’a rien retenu pour lui et qui a tout donné pour que le monde ait la vie, sa vie.

L’actualité écologique, économique, technologique et diplomatique appelle avec une urgence toujours plus grande le réveil d’une fraternité et d’une solidarité inventive au cœur des problématiques d’une humanité blessée. Des blessures et des fragilités que le pape a appelé à ne pas ignorer.

Que faire ? Et comment savoir ce que Dieu attend de nous ? Cette question m’a été posée par un jeune paysan de Bourgogne et étudiant en agronomie. La question du discernement, du choix juste, je la rencontre systématiquement comme aumônier d’étudiants et ce quelle que soit la culture du jeune. Malgré des styles de vie parfois très différents, leurs préoccupations sur le sens de leur vie sont communes.

L’amitié du Christ, l’amitié tout court

La réponse de Léon XIV, belle et sans détour, n’a pas laissé indifférents les jeunes sur le chemin du retour, après la veillée du Stade de France : « C’est notre amitié avec le Christ qui nous permet de bien discerner. » Des paroles qui ont résonné fortement quand on sait par ailleurs qu’un certain nombre de ces étudiants n’aurait probablement pas osé la religion chrétienne et fait le saut de la foi sans l’influence heureuse d’un ami. Cette amitié avec le Christ est à nourrir par une vie de prière et des actions concrètes. Forts de cette amitié, les jeunes pourront alors répondre avec courage : « Me voici Seigneur. »

Je retiendrai cette phrase dite sans détour de la part du pape : « Vous êtes les saints de France. » Comme l’introduction d’une lettre de saint Paul encourageant les communautés chrétiennes ici et là, Léon s’est adressé aux 80 000 saints de France présents dans le stade. Ces jeunes avec des cheminements de foi très différents sont tous appelés à réaliser la vocation sainte qui est déjà présente en eux et il suffit parfois d’une simple « parole de feu » pour la réveiller.

La diversité des talents, des caractères et des histoires s’est unie dans un amour à la fois paternel et fraternel pour le successeur de Pierre, qui ne manquera pas de faire grandir et fortifier dans nos cœurs à tous l’amour de l’Église et le souci d’une véritable communion.

Cette diversité à la fois spirituelle et culturelle n’est pas sans poser de difficultés dans l’Église de France aujourd’hui mais il ne fait aucun doute que c’est une même foi qui unit ces jeunes au-delà de ses multiples expressions. Aujourd’hui encore, c’est le Christ qui est notre unité. Ces jeunes priant un long instant en silence devant la sainte tunique du Christ et la Croix ont compris qu’on ne gagne vraiment sa vie qu’en donnant généreusement de soi-même.

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