Il y a 10 ans, PNL sortait "Dans la légende"
Dix ans après la sortie de l'album Dans la légende, retour sur la trajectoire fulgurante du duo PNL, figure marquante du rap français entre 2015 et 2019.
Il y a exactement dix ans, le 16 septembre 2016, deux frères originaires des Tarterêts sortaient un disque de seize titres au nom qui, avec le recul, paraît presque prémonitoire : Dans la légende. Ademo et N.O.S avaient déjà installé leur univers avec Que la famille et Le Monde Chico. Mais avec ce troisième projet, PNL change de dimension.
Pas d’interviews, peu d’apparitions, aucun besoin de commenter leur propre histoire. PNL construit sa légende en laissant la musique et les images parler à leur place. Dans la légende est aujourd’hui triple disque de diamant. Avec Darryl, Sandra Gomes et Yaniss du Rap en mieux, on va tenter de raconter PNL et l’impact que le duo a eu en quelques années.
Le jour où tout a basculé : les souvenirs de la première claque
Chacun des invités garde un souvenir d'une précision presque cinématographique. Pour Sandra Gomez, tout commence avec le clip du Monde ou Rien : « Je me rappelle, je me vois presque réagir à ça et me dire : mais qui sont ces mecs au style si particulier ? Cette prod, j'ai jamais entendu ça. » Daryl, lui, découvre PNL dans le vestiaire de son club de foot, l'OFC Fleury, où « tous les artistes émergents du 91 », comme il dit, circulaient avant même d'être connus. Yannis avoue avoir d'abord observé le duo « de loin », intrigué mais réticent, avant qu'un ami ne le convainque de se poser vraiment devant Que la famille : « Je tombe sur Je vis, je viscère... j'ai vraiment le sentiment que ce sont des mecs qui font de la musique un peu expérimentale. » Trois trajectoires différentes, une même fascination pour un groupe qui, comme le résume Sandra, semblait déjà « avoir la fin au moment de commencer ».
Le son du mystère : autotune, silences et l'architecte discret
Impossible de parler de PNL sans évoquer NKF, l'ingénieur du son qui a façonné leur signature sonore dès Le Monde Chico. « C'est très soigné », lâche Daryl, qui reconnaît avoir longtemps ignoré le rôle des ingénieurs du son avant de le comprendre « via PNL ». Le duo est aussi salué pour son rapport singulier à l'écriture, souvent sous-estimé derrière l'ambiance et la production. Daryl insiste : « Parfois, ils ne disent rien et, justement, je trouve ça hyper fort, en fait, de jouer avec les silences. » Un groupe qui puise dans les références manga - Onizuka, GTO - pour construire, morceau après morceau, un univers cohérent où, comme le dit Sandra, « ils incarnent tellement ce qu'ils sont qu'ils se permettent de s'affranchir » des codes classiques du rap.
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Des clips comme des films : l'ambition visuelle d'une autre époque
Bien avant l'ère du format vertical et de TikTok, PNL imposait des clips-événements, parfois de plusieurs minutes, pensés « comme un film ». Sandra rappelle cette époque révolue : « On parle d'un temps qui n'existe plus, parce que maintenant tout est sur TikTok, en vertical. » Le teasing millimétré - maillots, indices, comptes à rebours - créait une attente comparable, selon Daryl, à celle que ses parents vivaient devant les clips de Michael Jackson : « J'avais l'impression de vivre un peu la relation passionnelle au clip que mes aînés avaient avec les autres générations. » La sortie de Deux Frères, avec le duo filmé sur un bus parisien, reste pour Yannis un souvenir suspendu dans le temps : « On vivait quelque chose d'extraordinaire. »
Doivent-ils revenir ?
Sur cette question, l'unanimité est frappante. « Si ça ne tenait qu'à moi, ils ne reviendraient pas », tranche Sandra, estimant l'histoire « trop belle, trop propre » pour être prolongée. Yannis évoque un risque de déception à la mesure de l'attente, citant en creux les suites cinématographiques ratées, tandis que Daryl referme le débat avec sobriété : « L'histoire, elle est terminée... Si après vous voulez renvoyer des couplets, on accueillera ça avec grand plaisir, mais ça serait risqué. » Reste un constat : quatre albums en quatre ans, conclus par La misère est si belle, considéré par les trois invités comme le point final parfait d'une trajectoire hors norme.
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France Inter
57 min