Ils avaient mis le feu « pour rigoler » : les deux jeunes pyromanes du Mont-Boron à Nice en prison
Les deux cousins sont allés en pleine nuit, ce jeudi 6 août 2026, au Mont-Boron « pour rigoler ».
Ils ont été jugés ce vendredi 7 août par le tribunal correctionnel de Nice présidé par Isabelle Demarbaix-Joando.
Les mis en cause, âgés de 18 et 19 ans, ont été condamnés pour tentative de dégradation par un engin explosif ou incendiaire, à quatre ans d’emprisonnement, dont six mois ferme, soit 42 mois assortis du sursis.
Ils encouraient 10 ans.
Alors que les deux cousins, sans antécédents judiciaires jusqu’ici, comparaissaient libres, ils ont été menottés à la barre et transférés immédiatement à la maison d’arrêt de Nice pour y purger leur peine.
« L’idée, c’était de les condamner à une courte peine à effectuer dans l’immédiat pour que ce soit dissuasif », explique la présidente Isabelle Demarbaix-Joando.
Et de tenter de faire en sorte que la prochaine fois, pour s’amuser, ils ne mettent pas en danger tout un quartier et ne ravage pas un espace protégé de plusieurs dizaines d’hectares.
Un drame évité par l’intervention d’un campeur
Cette nuit-là, un couple de campeurs et leur fille sont réveillés par du bruit. Ils aperçoivent deux individus sur le parking de la route Forestière, au sommet de la colline boisée du Mont-Boron.
Munis d’une bouteille en plastique de 50 cl remplie d’essence et d’un briquet, ils viennent de mettre le feu à une végétation particulièrement sèche en période de canicule.
Les flammes de 30 centimètres de hauteur s’étendaient déjà sur plus d’un mètre lorsqu’ils ont pris la fuite à bord de leur voiture.
Fort heureusement, le campeur qui a donné l’alerte a pu venir à bout du sinistre qui à n’en pas douter, se serait vite propagé.
Grâce aux images de vidéosurveillance de la ville, les deux cousins ont pu être rapidement localisés, interpellés et placé en garde à vue.
Quatre feux filmés avec leurs téléphones
Mais l’enquête va surtout révéler que le feu du Mont-Boron n’était pas un acte isolé.
Sur l’un des téléphones saisis, les enquêteurs découvrent quatre vidéos tournées à partir de 3 h 15 du matin sur le parking.
Sur chacune, les deux jeunes confectionnent des cocktails Molotov avant de les enflammer sur le bitume. Et hilares, de les éteindre.
« Ils n’arrivent pas à l’expliquer »
À la barre, ce qui semble avoir particulièrement marqué la magistrate est l’absence de prise de conscience des deux jeunes hommes.
« Aucune remise en question », souligne-t-elle. Et d’ajouter : « Ils n’arrivent pas à expliquer leur geste ».
La question de la fascination pour le feu s’est évidemment posée.
L’un des deux cousins, le jeune homme de 18 ans, d’origine russe et qui vit en Belgique, a confié avoir déjà adopté ce type de comportement en allumant des feux en Russie.
Est-il fasciné par les flammes ? La magistrate semble ne pas en douter. « Heureusement qu’il y avait ce campeur », souffle-t-elle.