Importants bouchons aux heures de pointe aux abords de cette station-service dans la capitale wallonne : son extension refusée par le ministre
Le projet d'extension de la station Q8 de Bouge est stoppé. Le ministre régional François Desquesnes a refusé le permis unique demandé par le géant pétrolier koweïtien, sur recours. En cause, un site déjà saturé qui provoque d'importantes nuisances sur la route de Hannut, près de l'accès à l'E411.
Pour René Smeets et de nombreux riverains, la décision a des allures de cadeau de Noël avec deux mois d'avance. Le recommandé est arrivé dans la boîte aux lettres de ce Bougeois ce mardi.
La police appelée à intervenir
La station est notamment dédiée au ravitaillement en carburant et en AdBlue des poids lourds. Mais les camions s'y accumulent régulièrement, jusqu'à former des files qui débordent sur la première bande de circulation de la route régionale.
Aux heures de pointe, les embouteillages se multiplient. Les usagers s'impatientent, la tension monte et la police doit intervenir.
Encore plus de camions sur la route de Hannut à Bouge ? Non, assure la Ville de Namur"Au départ, la Ville avait donné un avis défavorable"
En juin 2026, de manière assez surprenante pour certains, la Ville de Namur annonçait qu'elle avait délivré le permis unique. Stéphanie Scailquin, l'échevine de l'Urbanisme, assurait que la mise en place d'une quatrième ligne d'approvisionnement permettrait de désengorger les installations et donc d'assurer une meilleure fluidité de circulation pour la route de Hannut. Fléchage adéquat, obligation de couper son moteur durant l'attente, panneaux d'information en quatre langues… Des conditions avaient aussi été posées.
Mais tout cela n'a pas convaincu René Smeets qui a introduit un recours auprès du ministre régional. Et ce dernier vient donc de donner gain de cause aux opposants.
"Il faut rappeler qu'au départ, la Ville de Namur avait aussi donné un avis défavorable, avant cet étonnant changement de position", souligne le riverain. "Les fonctionnaires délégué et technique ont aussi rendu un avis défavorable. Ce qui a été principalement pointé du doigt, ce sont les gros soucis environnementaux que pose l'évacuation des eaux. Les énormes soucis de mobilité causés par cette activité sont également retenus." Q8 pourrait réintroduire une nouvelle demande pour son extension. "Mais je ne vois pas comment il pourrait fondamentalement revoir leur copie", questionne René Smeets.
"Ce genre de station n'a pas sa place à cet endroit"
"Dans la décision, on fait également comprendre que l'activité actuelle, couverte par le permis, doit être mieux contrôlée, notamment par la police de l'environnement. C'est aussi un point sur lequel on va insister." Car, encouragés par cette victoire, les riverains ne comptent pas en rester là. "Ce genre de station destinée aux camions, avec ce genre de services, n'a tout simplement pas sa place à cet endroit", tranche René Smeets, visiblement déjà prêt à passer la vitesse supérieure.
"Il y a également des nuisances même quand il n'y a pas d'embouteillage"
Les opposants s'étonnent aussi de voir une station-service d'une telle ampleur qui fonctionne non-stop sans véritable présence humaine.
La congestion n'est pas une sensation agréable. Aussi, quand ça bouchonne sur cet axe régional, ça ne fait pas seulement râler les très nombreux usagers de la route d'Hannut. Les voisins, eux aussi, dégustent.
"Il y a également des nuisances même quand il n'y a pas d'embouteillage", relève Guy Florent, l'un des plus anciens habitants du quartier. "Le bruit, ça commence dès quatre heures du matin. Les camions arrivent déjà en nombre à ce moment-là, on entend bien les moteurs… Et parfois aussi, ça discute sec entre chauffeurs. Mais on comprend bien, c'est une profession qui est aussi sous pression."
"Comme toilette, il y a juste une cabine de chantier"
Les riverains s'étonnent également qu'un site d'une telle envergure fonctionne sept jours sur sept et 24 heures sur 24, sans une présence constante sur place. Un signaleur, très sympa au demeurant, tente de faire respecter les règles et dirige quelque peu les mouvements mais il n'est évidemment pas là nuit et jour.
"Sur place, il n'y a même pas un petit local pour boire un café. Rien. Comme toilette, il y a juste une cabine de chantier qui est dans un état de propreté assez douteux", pointent les opposants.
"Ce qui est impressionnant, c'est de voir que les conducteurs semblent vraiment rouler en groupe. C'est pour cela qu'il y a vraiment des moments avec des pics importants aux pompes", constate René Smeets.
"A la station, aucun prix n'est affiché. Tout se négocie entre la Bulgarie ou la Lituanie et le Koweit. Et nous, on est au milieu de tout ça…"
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