Sur place, la frayeur a laissé la place à l’émotion et la désolation. « On a vu le panache, peu après 15 heures, le ciel rapidement s’obscurcir, mais le feu semblait encore assez loin… Et en quelques instants, il a fondu sur nous. Pratiquement dans une boule de feu ! Il a fallu tout quitter, en urgence. Avec ma femme et ma petite-fille, on a sauté dans le camping-car pour évacuer aussi vite que possible, les flammes ont léché notre véhicule », explique Jean-Marc Beck, encore sous le coup de l’émotion.

« Quand on est revenu, en pleine nuit, il n’y avait plus qu’à constater les dégâts : le garage et la terrasse totalement détruits, la cave inondée, la maison inhabitable… C’est dur, très dur… »

« Le feu était très rapide, et erratique en même temps »

Lors de la fuite « en catastrophe », le camping-car que conduisait Jean-Marc Beck « a été léché par les flammes... » A son retour, il découvrait son domicile gravement touché.
Lors de la fuite « en catastrophe », le camping-car que conduisait Jean-Marc Beck « a été léché par les flammes... » A son retour, il découvrait son domicile gravement touché.
Cyril Hiély / Nice Matin

Jean-Marc n’est pas le seul à avoir craint pour sa vie, dans ces minutes d’apocalypse « après que le vent a soudainement tourné vers notre quartier. Le feu semblait prendre la direction du nord-est, et d’un coup, s’est dirigé vers nous, à toute vitesse… Ça a été le chaos », raconte ce riverain du chemin des deux tours médiévales, l’un des plus touchés par le passage des flammes.

« Le feu lui-même s’est comporté de manière erratique, par tâches. Une haie brûlait à droite du chemin, et pas à gauche. Une maison était en proie aux flammes quand cinq autres autour étaient épargnées… »

"Nous avons fui à pied, en franchissant les clôtures puis en courant à travers la forêt."

Pris au piège au fond d’une impasse, Olivier et Pauline n’ont pas pu évacuer leur maison par la route. « Le feu arrivait clairement sur nous, et il fallait quitter les lieux. J’ai alors pris le chien sous mon bras, et nous avons fui, en courant, à travers d’abord les maisons voisines, en escaladant les clôtures, puis en courant à travers la forêt jusqu’à rejoindre la route en contrebas… »

Difficile d’imaginer la frayeur vécue par le couple et son chien, « mais on s’en sort plutôt bien. Le jardin a été touché, comme pratiquement tous ceux du quartier, mais la maison est intacte, et beaucoup de nos voisins n’ont pas eu cette chance… »

L’incendie de Taradeau (Var) a ravagé plusieurs maisons le dimanche 19 juillet 2026.

« Si c’était arrivé de nuit, avec nos petits-enfants à la maison, comment cela aurait-il fini ? »

Ainsi, la maison de leurs plus proches voisins, Martine et Hervé Torne, est dévastée. « On était en bas, dans la plaine, chez des amis, quand on a vu le feu partir. On a voulu revenir rapidement à la maison pour récupérer nos affaires, mettre la maison en sécurité autant que possible, mais il a fallu rebrousser chemin. En quelques minutes à peine, l’air était devenu irrespirable, les flammes étaient là. Et les dégâts sont considérables… » ne peut que constater le couple, soutenu par de nombreux voisins et amis venus aux nouvelles.

« Nous sommes très atteints. Mais en y réfléchissant aussi, on se dit qu’on n’aurait pu être à la maison, avec nos nombreux petits-enfants, sans possibilité de s’enfuir… Et si cela était arrivé dans la nuit, comment cela aurait-il fini ? Les dégâts matériels sont douloureux, mais il n’y a pas eu de morts, on s’en sort bien… »

#Feu #Taradeau #LesArcs | Lundi 20 juillet - 15h.
🔥La lutte contre l’incendie est toujours en cours.
➡️A Taradeau, alors que le feu s’est réactivé sur le flanc gauche, 3 canadairs, 2 bombardiers d’eau et un avion DASH attaquent les flammes.
➡️Aux Arcs-sur-Argens, les militaires… pic.twitter.com/kYkVG7kwnL

— Préfet du Var (@Prefet83) July 20, 2026

« Plusieurs décennies de passions ont brûlé »

Si la maison est toujours debout, les haies, le garage, les véhicules et la remise « où étaient conservés nos photos de mariage, mon matériel de musique... » de Magalie et Jean-Louis Laconie ont été détruits. « Plusieurs décennies de passions ont disparu dans ce feu ».
Si la maison est toujours debout, les haies, le garage, les véhicules et la remise « où étaient conservés nos photos de mariage, mon matériel de musique... » de Magalie et Jean-Louis Laconie ont été détruits. « Plusieurs décennies de passions ont disparu dans ce feu ».
Cyril Hiély / Nice Matin

Si la maison de Magalie et Jean-Louis Laconie est encore bien debout, tout l’extérieur a grandement souffert.

« Toutes les haies ont brûlé, et les annexes à la maison… Mes véhicules de collection, dont la voiture intégralement restaurée avec mon fils pendant le Covid, tout mon matériel de musique accumulé depuis ma jeunesse, nos photos de mariage… Plusieurs décennies de passions, et tout est perdu », s’émeut Jean-Louis.

Au-delà du désastre matériel, le bilan humain « miraculeux » alimente les conversations, de tous ces voisins, souvent venus aux nouvelles les uns des autres.

« Face à la violence et la vitesse du feu, les pompiers ont fait de leur mieux, et on peut s’estimer heureux qu’il n’y ait pas eu de victime, dans une maison brûlée, ou en tentant de s’enfuir… »

Tandis que certains ne cachent pas être « clairement traumatisés » par l’incendie, les dizaines de sinistrés du feu de Taradeau - Les Arcs doivent désormais panser leurs plaies, visibles et invisibles.

« Nous sommes tous en train de faire nos dossiers pour les assurances, en espérant que celles-ci se montrent efficaces ».