Après les incendies de Fontainebleau, 6.000 volontaires pour aider les animaux menacés
Installations d’abreuvoirs aux abords de la forêt de la Fontainebleau ou collectes spontanées de graines pour oiseaux, sérum physiologique, couverture de survie… Sur les réseaux sociaux - comme Instagram ou Facebook - des messages circulent ces jours-ci afin de venir en aide aux animaux domestiques ou sauvages qui ont fui le feu dans la forêt. Depuis le 12 juillet, les incendies ont brûlé 2.000 hectares et, si le feu est fixé depuis mardi, il n’est pas encore éteint.
Cet élan en faveur des animaux peut mener à des imprudences aggravant la situation, alertent les associations, qui appellent à ne pas gêner le travail des secours ou à se mettre en danger. Les abreuvoirs artificiels peuvent, par exemple, favoriser la propagation de maladies ou devenir des pièges pour la petite faune qui peut s’y noyer, expliquent Faune Alfort, centre de soins pour animaux sauvages en Ile-de-France, ou la Ligue de protection des oiseaux (LPO). Il vaut mieux installer un récipient peu profond, y mettre une pierre pour permettre à l’animal de sortir et renouveler l’eau régulièrement.
Un chevreuil secouru la nuit du 15 juillet
Futur, qui défend la cause animale, participe à l’organisation de cette très forte mobilisation. Plus de 6.100 personnes ont déjà rejoint ses boucles WhatsApp. Quelques centaines ont été mobilisées dans des collectes ou des opérations de secours pour des signalements d’animaux blessés. Mais les besoins ont été pourvus et les inscriptions sont closes.
Prostré et mal en point, un chevreuil a pu ainsi être secouru dans la nuit du 15 au 16 juillet du côté de Nemours, alors qu’il présentait des difficultés respiratoires. Après un signalement, un bénévole est intervenu, a pulvérisé de l'eau avec un brumisateur et mis une serviette mouillée sur son corps. « Une vétérinaire de notre réseau est venue et a sédaté le chevreuil, poursuit Amadeus, président de l’association Futur. On a cherché un lieu d’accueil pour la nuit, puis il a été emmené à Faune Alfort, il va mieux et va être relâché. » L’association a aussi contribué à l’évacuation en urgence de 70 chiens d’un chenil à Ury menacé par les feux.
Des biches fatiguées, au bord de la route
Habitant dans le Val-de-Marne, Dylan est un de ses bénévoles. Cet auxiliaire animalier de 22 ans a posé des congés jusqu’à vendredi pour pouvoir aider. Dans la nuit de 14 au 15 juillet, il a participé à une intervention, en dehors des zones interdites d’accès par les sapeurs-pompiers, après que des animaux ont été signalés.
« On a porté secours à trois biches et un chien en divagation, détaille le jeune homme. Les biches étaient couchées sur le bord de la route, elles étaient assez fatiguées, on les a examinées, mais on en a laissé partir deux, car elles n’allaient pas mourir. » La troisième a été grièvement brûlée au niveau du dos et de l’encolure, elle a succombé à ses blessures alors que le camion la transportait auprès d’une vétérinaire.
Une extinction des feux qui peut prendre plusieurs semaines
« On est en attente de l’accord des pompiers pour pouvoir pénétrer dans la forêt de Fontainebleau et porter assistance aux autres animaux », poursuit celui qui se dit passionné par le monde animalier. Du côté du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Seine-et-Marne, son porte-parole, Paul-Edouard Laurain, précise que les pompiers n’ont pas pris en charge d’animaux pour l’heure, cela ne faisant pas partie des objectifs fixés. « Maintenant que le feu s’est largement calmé, on serait amené à prendre en compte plus facilement les animaux blessés », souligne-t-il.
Pour Louis, coordinateur de la cellule de crise de l’association Futur, les collectes sauvages doivent être évitées : « L’essentiel de notre travail, c’est de temporiser, de convaincre les gens de ne pas s’approcher, il ne faut pas que 6.000 personnes aillent dans la forêt de Fontainebleau ! » Dans les boucles, des consignes de sécurité et de sensibilisation aux soins à la faune sauvage sont régulièrement réitérées. Les sapeurs-pompiers de Seine-et-Marne ont aussi appelé sur leurs réseaux sociaux à ne plus apporter de dons, leurs besoins étant couverts.
L’association Faune Alfort ajoute que, de manière générale, « très peu d’animaux arrivent jusqu’aux centres de soins après un incendie. Les plus vaillants réussissent à fuir, tandis que les plus vulnérables périssent malheureusement sur place ». De même, la LPO indique que, n’ayant pas encore été autorisée à intervenir sur place par les services de secours, elle n’a pas de visibilité sur le nombre d’animaux touchés ou pris en charge.