Incendies : "Fixé", "contenu", "circonscrit", que signifient les mots utilisés par les pompiers pour décrire l'évolution d'un feu ?
l'essentiel Alors que l'incendie de Gironde semble être à un point de bascule, les sapeurs-pompiers emploient un vocabulaire bien précis pour décrire l'évolution d'un feu. Voici les explications concernant tous ces termes utilisés dans ce contexte.
L'incendie en Gironde, désormais qualifié de "mégafeu", a brûlé plus de 42 000 hectares dans le département depuis le 22 juillet. Il est "toujours stabilisé" ce mardi matin après une nuit "calme", selon la préfecture du département. "Stabilisé" ou "contenu", "fixé"... Tous ces termes employés pour qualifier l'état des feux ne sont pas utilisés au hasard. Ils ont tous une signification bien particulière et sont expliqués dans le guide de doctrine opérationnelle (GDO) en matière de feux de forêts et d'espaces naturels.
Feu "en propagation"
Ce terme est généralement utilisé, après une phase de reconnaissance, lorsque le feu est actif et continue de progresser. La propagation est en cours en l'absence de dispositif de lutte ou malgré son action. Elle est libre sur tout ou partie du "chantier" (zone d'action des pompiers) lorsque son évolution n'est pas suffisamment contrainte, ou peu gênée par les manœuvres d'extinction.
Les flammes gagnent du terrain ou de nouveaux combustibles, sous l'effet notamment du vent, de la végétation ou du relief.
À lire aussi : DIRECT. Incendies : Lacanau vidée de ses vacanciers, plusieurs reprises de feu en Gironde cet après-midi
Feu "fixé"
C'est le terme choisi lorsque le travail des pompiers engagés a permis de stopper la progression du front de flammes.
L'incendie ne s'étend plus, ne progresse plus à l’extérieur du contour dans la zone touchée mais il continue de brûler à l'intérieur de ce secteur. Soit du fait des éléments constitutifs de la zone d'intervention (coupe-feu, zone d’appui à la lutte, zone résistante naturellement...) soit du fait de l’action des moyens de secours.
Feu "contenu" ou "maîtrisé"
Dans cette phase, le feu ne progresse plus, est sous contrôle et baisse d’intensité. Les principaux foyers sont maîtrisés et le risque de propagation est devenu très faible, même s'il peut encore comporter des parties actives notamment sur ses lisières. L'action des pompiers ne s'arrête pas et le risque de propagation est devenu très faible. L’action va consister à supprimer toutes flammes sur le sinistre.
Feu "circonscrit"
Une fois l’incendie maîtrisé, les pompiers vont circonscrire le feu. Il est alors cerné par une méthode d’encerclement des pompiers pour prévenir à nouveau les reprises de feu en s’attaquant aux foyers résiduels. Plus précisément : tout ce qui est en marge du foyer principal.
"Reprise" de feu
Même s'il est fixé ou contenu, un feu peut repartir. Cet état peut être provoqué par des braises encore actives, le vent ou une chaleur importante. Un incendie prend énormément de temps à être totalement sécurisé parce qu'il doit rester sous surveillance même après extinction.
À lire aussi : ENTRETIEN. Incendies en Gironde et dans les Landes : "Il ne faudra pas oublier ces catastrophes dès que l’automne sera venu", prévient un expert en risques naturels
Feu "sous surveillance"
Ici, le feu est maîtrisé et ne comporte pas de partie active visible mais le dispositif opérationnel de lutte est maintenu sur le site. Objectif : intervenir si une ou plusieurs zones qui n'auraient pas été traitées venaient à se réactiver.
Feu éteint
Le feu est maîtrisé et ne comprend plus aucune partie active (visible ou non). Cependant un dispositif opérationnel dédié n'est pas maintenu sur site. Les pompiers restent toutefois sur place, en surveillance, pour noyer de potentielles dernières braises ou traiter les points chauds... À la différence des autres, ce stade est définitif. Si une reprise intervient, il s'agira d'un nouveau feu.
Des pompiers sur-sollicités et toujours en alerte
Depuis le début de l'incendie au nord du bassin d'Arcachon, 93 pompiers ont été blessés, 240 habitations ont été détruites et près de 220 000 personnes ont été évacuées de manière préventive dans 23 communes.
Selon les autorités, 2 750 pompiers sont mobilisés, appuyés par 18 moyens aériens, 1 500 militaires et 1 440 membres des forces de l'ordre. Des opérations citoyennes viennent également appuyer ce dispositif exceptionnel. Notamment de la part des argiculteurs.
Dans la journée, Météo-France prévoit une hausse des températures jusqu'à 33 à 35°C à l'intérieur des terres, accompagnée d'un vent orienté au sud-est, avec des brises océaniques d'ouest sur le littoral, qui pourraient attiser à nouveau le brasier.