Ine Joris de retour à Castors Braine: le choix du cœur après deux ans en Espagne, mais avant cap sur le 3x3 avec les Belgian Cats
À 25 ans, Ine Joris est de retour à Braine cette saison, pour le plus grand bonheur des supporters castors. Écartée de la sélection finale des douze Belgian Cats pour la Coupe du monde de Berlin, la joueuse reste néanmoins active en équipe nationale puisqu'elle disputera dès ce vendredi 11 septembre l'Euro 3x3 à Anvers. Avant cela, elle a accepté de se confier sur ses attentes à l'aube de sa nouvelle saison avec Braine, dont le coup d'envoi sera donné le 26 septembre.
Un Euro 3x3 pas vraiment prévu au programme
Ine, vous n'avez pas été retenue pour la Coupe du monde à Berlin en 5x5, mais vous voilà engagée en 3x3. Comment abordez-vous cette compétition ?
Ce n'était pas mon premier objectif premier de l'été. Mais le coach Mike Thibault m'a coupée du groupe pour la Coupe du monde de 5 contre 5. Nele Poffyn, la coach nationale de 3x3, m'avait déjà sollicitée pour cet Euro, mais je voulais privilégier le 5 contre 5. La donne a changé et cela reste un championnat d'Europe qui plus est dans la ville où j'habite. Et puis c'est l'équipe nationale et on ne dit pas non à l'équipe nationale. C'est toujours un honneur de porter le maillot belge, et une expérience nouvelle qui peut m'enrichir comme joueuse.
Vous n'êtes pourtant pas totalement novice dans l'exercice…
J'ai effectivement disputé la Coupe du monde 2022 aux côtés de Julie Vanloo, Becky Massey et Laure Résimont. J'ai aussi joué quelques tournois avec des amis à 15-17 ans. Mais au niveau mondial, mon expérience reste limitée.
Le tournoi pourrait déjà se terminer ce vendredi en cas d'élimination.
Effectivement. On joue contre l'Allemagne à 14 h 20 et contre la Pologne à 20 h 45. Si on perd les deux, c'est déjà fini. Par contre, si on gagne un match, on rejoue dimanche (où se joueront les quarts, demi-finales et finale, NDLR). L'Allemagne est championne olympique en titre et huitième au ranking mondial. C'est très fort. La Pologne (12e au ranking, NDLR), c'est aussi très fort. Donc ce sera difficile, mais on va tenter notre chance (la Belgique est 87e au classement mondial, NDLR).
Avec Heleen Nauwelaers, Axelle Van Eupen, Sarah Dossou et vous-même, l'équipe belge a fière allure.
Oui, on a beaucoup d'expérience en basket 5x5, mais moins en 3x3. Sarah, Axelle et Heleen ont beaucoup joué cet été en 3x3. Pour ma part, ce n'est pas vraiment le cas et c'est nouveau pour moi. J'ai joué avec ces trois joueuses en club ou en sélection nationale, donc oui il y aura des automatismes, mais le 3x3 reste un jeu très différent. On verra ce que cela donne.
Qu'attendez-vous de ce tournoi ?
De prendre du plaisir et je sais que ce sera une chouette expérience parce que l'équipe est vraiment sympa. C'est une équipe d'amies. Sur le plan sportif, ce sera compliqué face à l'Allemagne et la Pologne, bien plus expérimentées que nous dans ce format.
Après deux saisons dans le championnat espagnol, vous revenez en Belgique. Pourquoi ce choix ?
Je suis heureuse d'être de retour auprès de ma famille et mes amis. Lors de ma première saison en Espagne (à Fundacion Ardoi, NDLR), ma grand-mère est tombée malade en décembre. J'avais demandé à rentrer parce que je voulais passer beaucoup de temps avec elle, mais le club a refusé en invoquant mon contrat. Ça a vraiment été difficile à vivre parce que ma famille et mes amis, c'est tout pour moi. J'ai ensuite signé à BAXI Ferrol pour me donner une seconde chance à l'étranger. J'ai vécu une belle saison là-bas, l'équipe était top et mes coéquipières sont devenues des amies. Mais je n'étais pas vraiment heureuse d'être loin de la maison. Quand j'ai un jour de repos, j'ai envie d'en profiter avec mes proches. C'est la raison qui m'a poussée à rentrer en Belgique. Lorsque Fred Dusart m'a signifié son retour à Braine (il s'est finalement engagé avec le club turc de Galatasaray, NDLR), j'ai trouvé cela très intéressant et après avoir parlé avec le président de Braine et mes parents, la décision s'est prise rapidement.
C'était une évidence pour vous de signer à Braine ?
Le championnat belge n'a peut-être pas le niveau d'autres championnats étrangers, mais Braine dispute la Coupe d'Europe, ce qui compte pour moi. Phantoms Boom représentait aussi quelque chose de spécial, mais comme je veux jouer l'EuroCup, c'est à Braine que je veux être.
Que représente les Castors pour vous ?
Il y a une dimension particulière ici. C'est un club à la fois très professionnel et familial. J'apprécie les supporters et ma relation avec le président a toujours été excellente. C'est dans ce type de club que je me sens bien. Dans ma tête, c'était clair: si je revenais en Belgique, ce serait à Braine, sinon, je restais à l'étranger.
Un rôle de leader à endosser
Vous retrouvez Braine avec un statut différent, plus proche du rôle de leader. Comment l'envisagez-vous ?
C'est ma cinquième année comme professionnelle. Je pense qu'on attend de moi que je sois un leader sur le terrain. J'ai aussi l'expérience des Belgian Cats et de deux saisons dans un championnat espagnol relevé, avec beaucoup de joueuses de qualité. Je pense pouvoir aider l'équipe, pas seulement sur le terrain mais aussi en dehors, en la tirant vers le haut dans les moments difficiles. L'an dernier, en regardant la finale de la Coupe de Belgique, j'ai vu certaines choses qui ne devraient pas arriver.
Quelles sont vos ambitions avec Braine ?
Gagner le titre, la Coupe de Belgique, et aller le plus loin possible en EuroCup.
Vous connaissez bien Sven Van Camp, le nouveau coach, croisé à Boom et en équipe nationale. Que pensez-vous de son arrivée ?
J'ai déjà travaillé dix ans avec lui. Je sais que les entraînements seront exigeants, avec de l'intensité et c'est ce dont nous avons besoin pour performer. Sven est très professionnel, strict mais juste, et c'est important: que tu sois joueuse américaine, cadre de l'équipe ou jeune joueuse, si l'intensité n'y est pas, il le dira, de la même manière pour tout le monde. À mes yeux, c'est primordial.
Cap sur l'EuroCup
Les adversaires de Braine en EuroCup ne sont pas encore tous connus, hormis Berlin. Entre le club espagnol d'Estepona, GEAS Milan et les Panathinaïkos – Emlak Konut, qui préféreriez-vous affronter ?
Je connais Estepona pour l'avoir affronté en championnat espagnol. C'est une équipe forte, encore renforcée cette saison je pense. Milan me semble plus abordable. Quant à Panathinaïkos ou Emlak Konut, ce sont des équipes taillées pour l'EuroLeague, donc logiquement plus fortes que Braine. Mais nous avons nos chances, et les six matchs de poule peuvent être intéressants. Si l'on veut aller loin, il faut battre tout le monde. Inutile de se dire à l'avance qu'on ne peut rien faire face à une équipe plus forte. Chaque match doit être joué.
Vous partez malgré tout avec le statut d'outsider ?
Oui, sauf peut-être pas face à Berlin. Mais on peut tenir tête à tout le monde.
Une équipe pleine de potentiel
Quelle impression vous fait ce groupe brainois version 2026-2027 ?
Ce n'est que le début, nous n'avons pas encore beaucoup d'entraînements au complet, mais le potentiel est là. Cette équipe peut jouer très grand si elle le veut (moyenne 1,81m), ce qui n'est pas simple à contrer quand on n'a pas de poste 4 mesurant 1,85 m en face. Nous avons aussi des joueuses intelligentes.
L'équipe présente des joueuses très athlétiques, le jeu sera donc rapide ?
Oui, avec beaucoup d'intensité défensive. Ça va courir sur le terrain. Je suis curieuse de voir ce que ça va donner. Je pense que cette équipe a les moyens de viser le titre et la Coupe en Belgique. Pour l'EuroCup, on verra.
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