INFO BFMTV. Un retour des Gilets jaunes? Le renseignement territorial invite à une "vigilance particulière" en raison de possibles troubles à l'ordre public
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INFO BFMTV. Un retour des Gilets jaunes? Le renseignement territorial invite à une "vigilance particulière" en raison de possibles troubles à l'ordre public
Publié aujourd'hui à 14h00
Lire dans l'appBFMMaxime Brandstaetter et Mélanie Bertrand

Gilets jaunes sur les Champs Élysées le 9 mars 2019 à Paris. - Kenzo Tribouillard - AFP
Les Gilets jaunes vont-ils faire leur retour? Il est encore trop tôt pour le dire, mais les services de renseignement commencent à surveiller les différents appels relayés sur les réseaux sociaux. De possibles troubles à l'ordre public sont craints par les autorités.
Petit à petit, l'idée d'un retour des Gilets jaunes fait son nid. Sur les réseaux sociaux, de nombreux appels à la mobilisation ont fleuri ces derniers jours, en réponse à une nouvelle hausse fulgurante des prix des carburants, et face à une inflation fixée à 2,4% par l'Insee.Le renseignement territorial invite à une "vigilance particulière" en raison de possibles troubles à l'ordre public, selon des informations de BFMTV ce samedi 12 septembre.
Les policiers notent notamment que des appels à se rassembler "s’intensifient depuis plusieurs heures sur les réseaux sociaux", pour protester contre la hausse du prix de l’énergie et la baisse du pouvoir d’achat.
• De qui émanent les appels?
Selon les policiers, ces appels proviennent de "Gilets jaunes annonçant leur grand retour" mais aussi de simples citoyens n'appartenant pas au mouvement.
Par exemple, un canal sur la messagerie cryptée Telegram pour organiser des rassemblements a été identifié par le renseignement. Il se nomme "GJ2026" et ne compte que 800 abonnés. Dans la charte de ce groupe, il est écrit que l'administrateur souhaite un mouvement purement citoyen et aucune récupération politique.
"Zéro récupération: aucun parti politique, groupe d'extrême ni candidat à la présidentielle ne doit s'approprier le mouvement. Le mouvement appartient exclusivement aux citoyens, sans représentant autoproclamé ni porte-parole politique", est-il écrit.

Prix, taxes, carburant... le retour des Gilets jaunes ? – 11/09
1:02:58
Le groupe prône des manifestations non-violentes et appelle à éviter les affrontements avec la police. Les principales revendications sont: "le coût de la vie et de l'inflation, le prix de l'essence à la pompe, les dysfonctionnements continus des services publics, le peuple sanctionné à cause de la dette, l'État gourmand et déconnecté, division, polarisation, haines et intolérances dans le débat politique sans de réelles résolutions (ego des politiques, partis politiques qui nuisent à l'entente entre les citoyens, manipulations, et manipulations démagogiques des politiques)".
Le renseignement territorial précise d'ailleurs que ces revendications sont "non validées" par l'ensemble du groupe.
• D'anciens Gilets jaunes jettent l'éponge, craignant la violence de la police
Sous les publications sur les réseaux sociaux, le renseignement territorial note que "les réactions en commentaires sont diverses". L'enthousiasme prédomine d'après eux mais certains semblent aussi résignés.
Les réponses aux publications évoquent toutes "des grandes difficultés financières dues à la cherté des prix du carburant, de l'alimentation, de l'énergie et des impôts". Les policiers relèvent aussi que de nombreux internautes, y compris d'anciens Gilets jaunes, indiquent qu'ils ne comptent pas participer au mouvement, invoquant plusieurs raisons.

D'abord, la peur de la violence. Les policiers, en citant des commentaires, écrivent que certains ont peur de "se faire casser la gueule par des CRS" ou "par les black blocs que l'État va encore envoyer pour discréditer le mouvement". Ensuite, le manque de moyens financiers et l'impossibilité de rater une journée de travail sont invoqués. Il y en a aussi beaucoup qui pensent que ces manifestations ne servent à rien. "Un nouveau flop", "quoi que vous fassiez, ils n'en ont rien à foutre de vous", écrivent des internautes.
Le refus des partis politiques joue aussi, certains assurant que le mouvement sera récupéré et disent, au choix, qu'ils ne veulent pas défiler aux côtés de LFI ou que le mouvement des Gilets jaunes est "gangrené par le RN". Enfin, l'élection présidentielle prochaine démobilise. "L'échéance proche réduisant les risques de mobilisation massive" notent-ils en voyant beaucoup d'internautes écrire qu'ils préfèrent attendre l'élection pour "faire le bon choix".
• Des menaces de blocage, voire de "prendre l'Élysée"
Selon notre source, les mots d’ordre reflètent majoritairement une volonté de manifester pacifiquement, à l'image du groupe cité plus haut.
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Cependant, certaines voix semblent préconiser des solutions plus radicales, et appellent au "blocage des pompes à essence ou prendre l’Élysée, seule chose qui peut faire fléchir le système" ou encore "un arrêt global qui seul peut déstabiliser l'État".
Ainsi, selon nos informations, le renseignement territorial incite à une "vigilance particulière à tout autre rassemblement planifié ou spontané se revendiquant des Gilets jaunes, au regard des risques de troubles à l’ordre public inhérents à ce type de mobilisation".
• Le 17 octobre en ligne de mire
La même source soutient que différents rassemblements semblent s’organiser un peu partout en France les samedis qui arrivent donc les 19 et 26 septembre prochains. Deux appels à des manifestations nationales sont aussi relayés sur les réseaux sociaux, le 12 septembre et le 17 octobre.

Ce samedi 12 septembre, un appel à des rassemblements devant chaque préfecture est massivement relayé, analyse notre source policière. Il s'agit toutefois de rassemblements sans "mot d’ordre soit clairement défini". D'ailleurs, les policiers disent même ne pas avoir identifié l'origine exacte de cet appel à se rassembler.
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Une source habituée des mouvements sociaux nous rappelle qu'il faut rester très prudent. Car un mouvement populaire se construit progressivement ou pas, d'après ses dires. Ce qui peut d'ailleurs échapper au renseignement, à l'image des premiers Gilets jaunes en 2018, même si, depuis, le renseignement territorial en a tiré des leçons. Ainsi, il est encore trop tôt pour dire si un grand mouvement se prépare ou pas.
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