« On piétine sur le peu qui reste de moi » : la plainte déposée en janvier 2026 par le comédien Arnaud Denis, dans le cadre du scandale des prothèses anti-hernie, a été classée sans suite « pour infraction insuffisamement caractérisée », annonce Arnaud Denis ce vendredi au groupe EBRA, dont fait partie votre journal.

Le 5 janvier 2026, le dramaturge de 43 ans, qui devrait « bientôt » se faire euthanasier en Belgique, a déposé plainte contre X pour blessures involontaires auprès parquet de Paris à la suite de graves complications médicales survenues après la pose d'un implant anti-hernie en 2023. Le comédien, comme des centaines de patients, tient pour responsable cette prothèse en polypropylène - qu'il s'est depuis fait retirer - de la détérioration inéxorable de son état de santé.

« Nous n'allons pas en rester là  »

« Je n'attendais rien hélas. Je suis révolté et désabusé, mais je n'ai plus d'énergie pour combattre », réagit Arnaud Denis auprès du groupe EBRA. « C'est comme si on me marchait sur la figure. On piétine sur le peu qui reste de moi. » 

« Les analyses effectuées n'ont pas permis de déterminer l'origine des effets indésirables. Si la chronologie et un raisonnement par élimination permet d'estimer qu'un lien est possible entre vos symptômes et l'implantation du dispositif médical, l'absence de lien de causalité certain établi sur des bases scientifiques empêche de rechercher une infraction pénale tant concernant le fabricant de la prothèse que les médecins ayant prescrit et posé ce dispositif », indique le parquet de Paris dans un courrier adressé le 31 août à Arnaud Denis, que nous avons pu consulter.

Me Philippe Courtois, l'avocat d'Arnaud Denis, a saisi le doyen des juges d'instruction afin qu'une enquête puisse être ouverte. « Il est évident que nous n'allons pas en rester à une simple décision de classement sans suite qui de mon analyse est infondée. Il est indispensable qu'une instruction judiciaire soit ouverte », indique l'avocat spécialisé en droit de la santé au groupe EBRA. « Les signalements se multiplient. L'étude de l'ensemble des dossiers médicaux de ces patients permettront formellement d'établir un lien de causalité », ajoute Me Courtois.

Une plainte collective en préparation

Arnaud Denis a été le premier à tirer la sonnette d’alarme contre ce « scandale sanitaire » en France. Le comédien s'est vu diagnostiquer une encéphalomyélite myalgique sévère (une maladie neurologique et immunitaire) et un syndrome Asia. Ce dernier est un syndrome inflammatoire caractérisé par l’apparition de divers symptômes physiques et/ou neurologiques (fatigue intense, trouble cognitif, douleurs chroniques, etc.) à la suite d’une exposition à un adjuvant.

 Des victimes de toute la France prennent la parole pour raconter l’enfer qu’elles vivent depuis qu’elles se sont fait poser un implant pour une hernie au niveau de l’abdomen. Une plainte collective est en préparation, comme le groupe EBRA vous l'a révélé en janvier dernier.