Une plainte va être déposée mercredi contre Jordan Bardella devant le parquet de Paris dans l'affaire des écrits antisémites attribués au président du RN par Mediapart, révèle ce mardi le groupe EBRA, dont fait partie notre journal. Les 13 associations de la Ligue de Défense des Valeurs républicaines dénoncent les menaces formulées par Jordan Bardella à l'encontre du média d'investigation, évoquant une « procédure-bâillon ». 

Alexandra Simard -

Aujourd’hui à 20:10 | mis à jour aujourd’hui à 20:20

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Première plainte contre Jordan Bardella dans l'affaire des écrits antisémites. Depuis que Mediapart a publié des propos antisémites attribués au président du Rassemblement national (RN), celui-ci n'est pas resté les bras croisés et a immédiatement attaqué en justice le média d'investigation pour diffamation. Dans cette riposte, la Ligue de Défense des Valeurs républicaines, fondée pour lutter « contre les discriminations, l'homophobie, les violences faites aux femmes et aux enfants » et qui représente 13 associations au niveau national, y voit une volonté du leader d'extrême droite de « museler la presse ». Les 13 associations ont décidé de porter plainte mercredi devant le parquet de Paris contre Jordan Bardella, qu'elles accusent « d'être à l'origine de procédures-bâillons contre les journalistes », comme l'annonce son président Michaël Bastien ce mardi au groupe EBRA, auquel appartient notre journal.

« Nous déposons plainte pour dénonciation calmonieuse, dénonciation mensongère à l'autorité judiciaire, entrave concertée à la liberté d'expression par menaces et diffamation publique », détaille Michaël Bastien. « Nous ne pouvons pas attaquer sur les messages antisémites en eux-mêmes car ces faits sont prescrits », précise le dirigeant associatif.

« Costard en kevlar »

Après les premières révélations de Mediapart, Marine Le Pen, candidate du RN à l'élection présidentielle, s'était immédiatement affichée en soutien de son dauphin, dénonçant une « barbouzerie » et promettant de « démonter » ces « manipulations bien lourdes et bien crasseuses ». Elle avait même suggéré à Mediapart « d'enfiler son costard en kevlar », la matière dont sont faits les gilets pare-balles.

Après un premier dépôt de plainte pour diffamation, Jordan Bardella a affirmé « examiner de nouvelles suites judiciaires à donner au second article » paru jeudi. Ce volet s’appuie sur une extraction de messages réalisée le 16 août par Meta (maison-mère de Facebook) et certifiée par huissier le 29 septembre. Pour sa défense, l’eurodéputé a assuré ce mardi « ne pas avoir Facebook » actuellement, se disant de ce fait dans l’impossibilité de « demander l’extraction de conversations » sur la plateforme. « Je n’utilise plus Facebook depuis très longtemps », a-t-il précisé. Il a conclu : « J’ai une page qui est gérée par le service de communication du parti, mais je n’ai pas de compte Facebook. »

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