A Dommartin, dans le Rhône, près d'une maison sur deux a une piscine (45,4% des 945 maisons), ce qui en fait la commune la mieux équipée du département, alors qu'Aurec-sur-Loire, qui détient le record en Haute-Loire, est à 14,5% seulement de résidences où l'on peut « piquer une tête ».

Dans la Loire, Rivas compte 100 piscines pour 247 maisons, soit un taux d'équipement de 40,5%. A Montagnat, dans le Jura, un propriétaire de maison sur 3 (30,5%) dispose d'un bassin turquoise où se rafraichir.

Mais si ce sont des chiffres officiels, ils sont largement sous-estimés, car en France, de nombreuses piscines enterrées échappent encore au cadastre utilisé pour calculer les impôts locaux. Environ 252 000 bassins manqueraient à l’appel, selon les professionnels, un chiffre sans doute sous-estimé en raison d’erreurs (mares confondues avec des piscines, doublons liés aux anciennes numérisations).

Dans certaines communes, l’écart est visible à l'oeil nu en comparant images satellites et plans officiels, où de nombreux bassins restent non recensés.

Des milliers de piscines non déclarées vont être détectées

Face à cet enjeu, l’administration a lancé dès 2020 le projet « Foncier innovant », une détection par intelligence artificielle des bâtis (piscines et bâtiments) : le fisc compare les données déclaratives inscrites au cadastre avec les vues aériennes de l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).

Afin de s’assurer de l’efficacité du dispositif, une expérimentation a été menée dans 9 départements (Alpes-Maritimes, Var, Bouches-du-Rhône, Ardèche, Rhône, Haute-Savoie, Morbihan, Maine-et-Loire, Vendée) afin de détecter les piscines non imposées. Cette première phase a permis d’identifier près de 140 000 piscines en 2022. Dont 2 680 dans le Rhône, ou encore 11 000 en Isère. Ce qui a représenté près de 10 M€ de recettes supplémentaires pour les communes concernées.

Depuis 2024, une seconde phase, plus précise, se déploie en quatre vagues jusqu’à l’été 2027. La troisième, en cours depuis mai 2025, cible notamment la Savoie, la Haute-Savoie, la Drôme, l’Ardèche et les Hautes-Alpes.

La quatrième concerne entre autres l’Isère, le Vaucluse, les Alpes-de-Haute-Provence et l’Ain. Elle doit permettre de repérer encore des milliers de piscines non déclarées.

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Un rattrapage fiscal et des amendes parfois salées

Une piscine, peu importe sa taille, qu’elle soit enterrée, semi-enterrée ou hors sol, si elle ne peut pas être déplacée sans être démolie, doit être déclarée sous 90 jours.

Déjà, il y aura un gros rattrapage fiscal. Pour les piscines les plus récentes, l’exonération temporaire de taxe foncière (2 ans normalement) sera perdue, au moins en partie. Mais surtout, « il faudra rattraper les 4 dernières années de taxes impayées », essentiellement foncière, résume l’avocat fiscalite Aurélien Feuillu, du réseau Tlaw. « Et pour les piscines de plus de 10 m², il y aura aussi la taxe d’aménagement à payer, la taxe d’archéologie préventive -négligeable- et 150 euros d’amende pour manquement de déclaration ».

Mais c’est surtout côté urbanisme que les sanctions peuvent chiffrer. Au-dessus de 10 m² (et moins si le PLU est restrictif), une déclaration préalable de travaux est nécessaire. Au-delà de 100 m², il faut un permis de construire. Sinon, les amendes communales (jusqu’à 30 000 €) et pénales (montant fixé par m²) peuvent être très dissuasives, explique l’avocate de l’urbanisme Katell Thouement.

Des travaux peuvent être ordonnés en cas de non conformité, avec pénalités de retard. Et si la piscine n’est pas régularisable, sa démolition peut même être décidée. Enfin, attention à la récidive ! Elle peut valoir une peine de 6 mois de prison.

Batiste Kolenc

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L’an passé, 90 600 nouveaux foyers français ont fait installer un bassin dans leur propriété, et le nombre de piscines familiales atteint désormais 3,7 millions. Entre janvier et mars de cette année, les ventes ont déjà bondi de 12% par rapport à la même période de l’exercice précédent, et l’établissement des devis fait un joli +6%. Le marché tricolore reste le plus performant en Europe, et le troisième plus fort au monde après ceux des États-Unis et du Brésil.

+26% de piscines en Haute-Loire

En observant l’évolution du cadastre depuis 2021 nous avons compté 13,5% de bassins enterrés supplémentaires dans tout le pays en 2026. Et si cette explosion concerne surtout la moitié Nord de la France (+70% dans le Pas-ce-Calais par exemple), chacun de nos départements vit aussi son boom des piscines.

Depuis 2021, la hausse est de 25,8% en Haute-Loire, 19,2% dans la Loire, 15% à 16% dans l'Ain et le Rhône, et de seulement 9,7% dans le Jura.

Une maison sur six dans le Rhône

En France, c'est dans le département du Var que la proportion de maisons avec piscine (107 519) est la plus élevée, avec presque une résidence sur trois. Suivent les Alpes-Maritimes et les Bouches-du-Rhône.

Le Rhône est notre département le plus équipé avec 45 000 piscines, soit une maison sur six qui dispose d'un bassin privé, quand le Jura et la Haute-Loire sont seulement à 3%, la Loire et l'Ain aux alentours de 11%.

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Ces chiffres sont tirés du Plan cadastral informatisé (PCI). Les différences avec la réalité peuvent s'expliquer par un décalage dans les remontées de données entre les services des cadastres et des Impôts. Soit les piscines manquantes n’ont pas été déclarées (ni en mairie, ni aux impôts), soit le cadastre n’est pas à jour pour cette commune.