Insolite. Midterms en Alaska : qui sera élu entre Dan Sullivan, Dan Sullivan et Dan Sullivan ?
En Alaska, la course au Sénat ressemble moins à une élection qu'à un problème d'état civil mal géré. L'histoire, relayée par NBC News, a des airs de poisson d'avril. Trois candidats portent le même nom : Dan S. Sullivan, Dan J. Sullivan et Dan A. Sullivan. Un véritable méli-melo de Dan et de Sullivan qui ne manque pas de faire sourire les électeurs...
Le camp du premier, sénateur sortant, s’indigne et dénonce une manière de détourner des voix vers la démocrate Mary Peltola. La Cour suprême de l'Alaska, elle, a tranché le mois dernier, décrétant que tout le monde restait en lice. Il ne reste plus, pour les votants, qu’à croiser les doigts pour ne pas voter pour le mauvais Sullivan en novembre.
Un nom très commun
Mais faisons un peu plus les présentations :
D’abord, il y a donc Dan S. Sullivan, le sénateur sortant : celui qui a un bureau, un badge, un bilan et, surtout, le soutien de Donald Trump. Sur le papier, le CV est en béton. Mais il traîne un handicap de taille : en Alaska, « Dan Sullivan » est un nom à peu près aussi distinctif que Michel Martin chez nous.
Puis arrive Dan J. Sullivan, professeur à la retraite, qui s’est dit qu’il était peut-être temps de se présenter au Sénat, ayant peur d’une potentielle pénurie de Dan sur l’échiquier politique. L’ex-professeur se dit républicain. Cela suffit à semer la zizanie dans une course où l’électeur va finir par demander un trombinoscope pour se rendre aux urnes.
Et puisque jamais deux sans trois, Dan A. Sullivan, ancien maire d’Anchorage, est entré dans la danse. Ce dernier n’était pas candidat à l’origine. Il a tout de même souhaité prendre part au débat en publiant un message sur Facebook pour soutenir... le premier, Dan S. Sullivan.
Une initiative pleine de bonne volonté, mais qui produit surtout l’effet inverse : au lieu de dissiper la confusion, elle ajoute un nouveau Dan Sullivan dans le décor. À ce stade, la question n’est plus vraiment de savoir qui est candidat, mais combien de Dan Sullivan l’Alaska peut encore accueillir.
Le maire d’Anchorage s’est même auto-proclamé « le Dan Sullivan originel », ce qui pose une question philosophique cruciale : peut-on être l'original d'un nom de famille aussi répandu que Sullivan ? Alerte spoiler : non, mais on lui laisse le bénéfice du doute électoral.