Reportage international - Israël: à Rehovot, une jeunesse qui penche à droite avant les législatives
Dans une semaine, le 27 octobre, les Israéliens se rendront aux urnes. Rehovot, une ville de 140 000 habitants près de Tel-Aviv, est considérée comme un bon baromètre, car les résultats électoraux y sont similaires à ceux de l'ensemble du pays. Elle y a rencontré des jeunes. Pour ce scrutin, ils seront 600 000 primo-votants, et ils se positionnent beaucoup plus à droite que leurs aînés : 56% de ces jeunes de 18 à 22 ans se déclarent de droite.
De notre envoyée spéciale à Rehovot,
« Le plus logique pour moi serait de voter soit Bibi (Benyamin Netanyahu, NDLR), soit Ben Gvir. Et pour l'instant, je pense plutôt voter Ben Gvir », confie Shahar. « Probablement à droite. Ben Gvir, Bibi ou quelque chose comme cela. Qu'est-ce qui est important pour moi ? Que ce soit un pays de droite, un pays juif », explique Noa.
Shahar et Noa vont donc voter à droite ou à l'extrême droite lors des élections législatives du 27 octobre en Israël. Elles ont 18 ans et travaillent au centre commercial de Rehovot. Rei est attablé à un café. Le jeune homme a 21 ans et il fait son service militaire. « C'est la première fois que je vote et j'hésite... Je vais probablement voter pour le bloc de droite, pour Ben Gvir. Avec lui, c'est la sécurité... Il y a la loi sur la peine de mort pour les terroristes. Des lois qui protégeront et rendront l'État plus sûr », assure-t-il.
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Une génération marquée par le 7-Octobre et trois années de guerre. Amit refuse de se laisser enfermer dans ce schéma. Il fait des études pour devenir vétérinaire, il a 26 ans et va voter centre droit, pour s'opposer à l'actuelle coalition au pouvoir. « Moi, je pense voter Eisenkot. Si le gouvernement actuel est réélu, nous allons vers de gros problèmes dans notre pays. Par exemple, tout le monde veut la peine de mort. Je trouve cela stupide parce que c'est raciste », estime-t-il.
En tête des intentions de vote des jeunes : Naftali Bennett, de droite libérale, mais du bloc anti-Netanyahu. Rotem trouve son programme intéressant : « J'ai 18 ans. Je me situe quelque part entre Bennett et Eisenkot. J'hésite. Je viens d'une famille dans laquelle mes parents votent Likoud, Ben Gvir et tout ça. Mais moi, c'est un peu moins mon truc, ces extrêmes. Je pense aussi qu'il faut du changement. Bibi est Premier ministre depuis que je suis née. Cela fait longtemps. »
Ces jeunes électeurs israéliens n'ont connu que Benjamin Netanyahu à la tête du pays. Sharon porte une voix minoritaire : cette étudiante, réserviste, a des idées de gauche. « Je vais voter pour le parti démocrate aux prochaines élections parce que c'est important pour moi de renforcer le bloc du changement. Il est important pour moi de soutenir un parti qui prendra toutes les mesures nécessaires pour former un gouvernement qui ne soit pas dirigé par Netanyahu. Qui pourra construire un avenir meilleur pour ce pays », espère-t-elle.
Chacun s'accorde à dire qu'il ne faut surtout pas s'abstenir. Même lorsqu'on est Palestinien d'Israël comme Yasmine, étudiante de 22 ans qui va voter pour un parti qui la représente. « On a besoin des voix de tout le monde cette fois. On ne veut pas des racistes. C'est pourquoi je vais voter pour la Liste arabe unie. On veut la paix », affirme-t-elle.
À Rehovot, les jeunes souhaitent que les ultra-orthodoxes partagent le fardeau du service militaire et fassent l'armée. Les très religieux ne se posent pas de questions : ils voteront selon les indications de leur rabbin.
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