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Les vagues de chaleur se répètent et les fabricants multiplient les objets censés nous rafraîchir en déplacement. Sony creuse la même idée depuis 2019 : une plaque thermique posée sur la peau, à la base de la nuque, plutôt qu’un ventilateur qui brasse de l’air chaud. J’ai testé le Reon Pocket Pro Plus.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

Le marché de la ventilation portable s’est considérablement densifié ces dernières années, inondant les rayons de petits ventilateurs à main et de tours de cou. Plutôt que de brasser l’air ambiant, parfois déjà étouffant, Sony a opté depuis 2019 pour une approche différente basée sur la régulation thermique par contact. Le constructeur japonais déploie cet été la version Pro Plus de son Reon Pocket, un appareil conçu pour refroidir ou réchauffer la zone située à la base de la nuque. N’ayant pas pu tester le modèle Pro sorti l’an dernier, nous jugeons cette version pour elle-même. On a voulu savoir si l’appareil sert vraiment dans une rame bondée ou sur une marche en ville, et pas seulement sur le papier.

Design : un maintien solide qui sacrifie logiquement la discrétion

Le boîtier est pensé pour que la plaque reste collée à la peau, même quand on bouge. Le tour de cou, recouvert d’un silicone épais, vient se positionner sur les clavicules avec une rigidité mesurée. Le poids varie d’ailleurs selon le conduit monté : environ 259 grammes avec le modèle court, environ 270 grammes avec le réglable, d’après la fiche technique du constructeur. Si dernier peut sembler important pour un objet reposant sur la nuque, il s’équilibre correctement le long de la partie supérieure de la colonne vertébrale.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

La fatigue musculaire reste contenue lors d’une marche classique, et l’ergonomie s’adapte à différentes morphologies grâce à des embouts en plastique amovibles qui modifient la longueur des bras de maintien.

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Deux remarques après plusieurs jours de port. La première est franchement gênante : dès qu’on s’assoit dans un canapé ou sur une chaise à dossier haut, le boîtier vient buter contre l’assise, et il faut se pencher en avant ou décoller le dos pour rester à l’aise. La seconde joue en sa faveur : debout ou en marche, au bout de quelques heures, on finit presque par oublier qu’on le porte.

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Les choix d’ingénierie montrent cependant leurs limites sur le plan de la discrétion. Une fois l’appareil placé sous un vêtement, le châssis forme une bosse prononcée dans le dos et tend le tissu au niveau du col. Le conduit d’extraction de l’air dépasse largement, ce qui le rend immédiatement visible pour les personnes autour de vous. L’idée de porter cet accessoire de manière furtive est donc à exclure.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

Dans la rue, il fait tourner quelques têtes : avec ses bras de maintien posés sur les clavicules, on ressemble un peu à un humain « augmenté », version exosquelette léger. Heureusement, de face ou derrière de long cheveux, l’appareil est presque invisible.

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Par ailleurs, Sony revendique une structure résistante aux éclaboussures et à la transpiration, avec un cache sur le port USB, mais sans indice IP officiel. Le constructeur précise lui-même que cette conception « n’empêche pas complètement l’infiltration de la transpiration et des gouttelettes d’eau ». Le sport intensif reste donc à éviter.

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Performances : une baisse de température mesurable dans un silence appréciable

Ici, rien ne souffle : un module Peltier fait tout le travail. Une plaque en acier inoxydable posée contre la peau absorbe la chaleur du corps, qu’un ventilateur interne évacue ensuite par le conduit. Nos mesures confirment que le système fonctionne. Réglée sur le palier le plus élevé, la surface de la plaque descend en température en quelques secondes, soit exactement la cible que Sony s’est fixée avec son nouvel algorithme pour éviter un refroidissement excessif. Concrètement, ce froid sur la nuque change la façon dont on encaisse la chaleur. Dans une rame bondée ou un bureau surchauffé, la sensation d’étouffement recule nettement.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

Côté promesse constructeur, Sony revendique des performances de refroidissement « jusqu’à 20 % » supérieures à celles du modèle précédent, et une plaque environ 2 °C plus froide en mode Smart Cool. Ces chiffres viennent des mesures internes de la marque, dont les conditions ne sont pas détaillées : ils donnent un ordre de grandeur, pas une garantie de ressenti, d’autant que le refroidissement n’agit que sur quelques centimètres carrés de peau.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

Le procédé a une contrepartie. En continu à puissance maximale, de la condensation se forme sur la plaque métallique et quelques gouttes finissent par couler dans le dos. Vous aurez donc à passer un coup de chiffon assez régulièrement sur la plaque après une journée d’utilisation. Le ventilateur interne, chargé d’évacuer la chaleur générée par le système, reste silencieux en condition normale d’utilisation urbaine ou bureautique. Cela contraste avec le bruit généré par les ventilateurs de cou classiques. Le circuit étant réversible, le boîtier propose également un mode chauffage.

Sur le mode chauffage, notre test s’est heurté à la météo : impossible de pousser le WARM à fond en pleine canicule. Sur les paliers testés, la plaque chauffe franchement, sans jamais approcher de la brûlure. Le passage d’un mode à l’autre, lui, est presque instantané : on bascule du froid au chaud dans l’application et la plaque change de température en quelques secondes.

Logiciel : une application qui rattrape des boutons inutilisables

Les commandes physiques intégrées au châssis constituent le point faible de l’appareil. Les boutons situés sur les tranches latérales sont difficiles à identifier et à presser une fois le module positionné sous les vêtements.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

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L’utilisation du smartphone devient donc indispensable. L’application officielle, sobrement nommée REON POCKET, est disponible gratuitement sur le Google Play Store pour les terminaux Android et sur l’App Store pour iOS. Son téléchargement est requis pour exploiter l’appareil correctement.

L’appairage est simple. Il suffit d’activer le Bluetooth du téléphone, de lancer l’application et de suivre les instructions à l’écran pour lier le matériel à l’interface logicielle. L’interface de l’application est claire, sans publicité ni fonction superflue. Le menu principal offre un contrôle manuel précis via un curseur interactif permettant de moduler l’intensité du refroidissement ou du chauffage.

Il manque toutefois une donnée à l’appel : l’application n’affiche jamais de température, ni celle de la plaque, ni celle relevée par les capteurs. On déplace un curseur d’intensité sans savoir à quel niveau thermique il correspond, ce qui est dommage pour un appareil vendu 229 euros et bardé de capteurs.

L’appareil devient réellement utile quand on le laisse gérer seul. Les modes Smart Cool et Smart Warm délèguent la gestion de la température aux algorithmes de Sony. Ces modes exploitent les capteurs internes de l’appareil combinés aux données du Reon Pocket Tag 2. Ce dernier relève la température ambiante et le taux d’humidité de la pièce. En croisant ces informations, l’application ajuste dynamiquement la puissance de la plaque thermique sans intervention de l’utilisateur.

L’interface propose également des outils de gestion de l’alimentation, dont une fonction de démarrage et d’arrêt automatiques qui coupe le système lorsque le boîtier est retiré du cou. On note simplement un défaut de conception sur le Tag 2 : son attache métallique au format mousqueton a tendance à cogner contre le boîtier en plastique lors de la marche, générant un cliquetis régulier.

Batterie et recharge : une endurance correcte freinée par une connectique lente

Un module Peltier consomme beaucoup, et Sony ne communique pas la capacité de la batterie : la fiche technique se contente d’un accumulateur lithium-ion en 3,7 volts. Dans les faits, l’endurance tient la journée. En laissant les modes intelligents gérer la puissance de manière adaptative, l’appareil peut fonctionner pendant une dizaine d’heures, avec des pointes à quinze heures selon la température extérieure. De quoi couvrir une journée de bureau et les trajets domicile-travail. Si l’utilisateur force le mode de refroidissement sur le niveau le plus élevé en continu, l’autonomie se stabilise autour des six heures de fonctionnement.

Crédits : William Zimmer / Frandroid

La fiche technique officielle détaille les paliers : en mode COOL, Sony annonce environ 34 heures au niveau 1, 18 heures au niveau 3 et 5,5 heures au niveau 5, contre 5,5 à 10 heures en mode WARM. L’appareil est par ailleurs prévu pour fonctionner dans une plage de 5 à 40 °C ambiants, ce qui exclut les usages extrêmes.

La recharge, elle, est le vrai point faible. L’appareil fait l’impasse sur les standards de charge rapide actuels. Via le port USB-C dissimulé sous un cache en caoutchouc, il faut compter environ 120 minutes pour atteindre 80 % de charge, et environ 200 minutes pour un plein complet, soit plus de trois heures. Un simple adaptateur secteur USB-C de 1 ampère suffit donc. Cette lenteur de charge oblige à anticiper et à brancher systématiquement l’appareil la nuit pour garantir son utilisation le lendemain.

Prix et disponibilité

Sony place la barre très haut sur un marché où les ventilateurs de cou se négocient le plus souvent à quelques dizaines d’euros. Le Reon Pocket Pro Plus est disponible en France depuis le 12 mai 2026, sur le Sony Store et chez Amazon, au tarif de 229 euros. Le tarif ne bouge pourtant pas d’une génération à l’autre : le Reon Pocket Pro, arrivé en France en 2025, était déjà affiché à 229 euros.

L’emballage inclut le capteur environnemental externe Reon Pocket Tag 2 alimenté par une simple pile bouton CR2032, équipé de son mousqueton, ainsi que deux conduits d’aération de tailles différentes afin de s’adapter aux cols de chemise ou de t-shirt. Malgré cet effort sur les accessoires fournis, l’appareil s’adresse de fait à une clientèle de niche, prête à mettre 229 euros dans un rafraîchissement très localisé.

Ce Pro Plus est la troisième génération de la gamme distribuée en Europe : le Reon Pocket 5 a ouvert la voie au Royaume-Uni en 2024, le Reon Pocket Pro est arrivé en France au printemps 2025, et Sony présente ce nouveau modèle comme le haut de sa gamme d’appareils thermiques portables depuis mai 2026. Il est clairement unique dans son genre, mais certaines alternatives existent, comme le Shark ChillPill que nous avions testé.