Jacquet, Da Cunha, Diouf… Quelle place avec les Bleus pour les joueurs lancés par Zidane ?
Sport 02/10/2026 07:30
Parmi les choix forts du nouveau sélectionneur de l’équipe de France qui affronte l’Italie ce vendredi au Stade de France, certains éléments ont une vraie chance de s’installer sur la durée.

FRANCK FIFE / AFP
Jérémy Jacquet, Pierre Kalulu et Lucas Da Cunha (de droite à gauche) font partie des nouveaux (ou presque) visages apparus en bleu avec Zinédine Zidane. Des joueurs qui peuvent tous rêver de se faire une place sur la durée en équipe de France.
C’est la rentrée des classes, et après avoir travaillé tout l’été, les petits nouveaux ont bien l’intention de convaincre le prof de l’étendue de leurs capacités. Alors qu’il a parfaitement commencé son mandat de sélectionneur de l’équipe de France, en l’emportant en Turquie puis en Belgique, Zinédine Zidane fait, ce vendredi 2 octobre, ses débuts sur le sol français avec un classique du football européen contre l’Italie.
Au stade de France, théâtre du match de sa vie contre le Brésil en 1998, « Zizou » va devoir faire des choix. Car en l’absence de Kylian Mbappé ou William Saliba sur blessure, celui qui a conduit le Real Madrid à un formidable triplé en Ligue des champions (2016-2018) cherche à imposer sa patte, écartant certains joueurs, en lançant d’autres et tentant de faire émerger une concurrence nouvelle.
Avec à l’esprit l’Euro 2028 dans les îles anglo-celtes, certains de ces Bleus made in Zidane peuvent envisager de se faire une place sur le long terme dans cette classe d’élite qu’est l’équipe de France. Passage en revue de ces nouvelles têtes.
· Jérémy Jacquet (défenseur central)
Il est devenu un des chouchous de Liverpool en une poignée de matches, il ne lui en aura peut-être fallu qu’un seul pour séduire les fans des Bleus. Dans un contexte où Saliba est out jusqu’à la fin d’année et où Ibrahima Konaté a dû déclarer forfait sur blessure, Jérémy Jacquet a très vite été perçu comme une alternative crédible. Et son match contre la Belgique l’a confirmé : impérial dans les airs, tranchant dans ses passes, auteur de plusieurs percées remarquables, il a brillé à Bruxelles.
Du haut de ses 21 ans, il s’est même fendu d’une autocritique sévère après le match, regrettant les très rares accrocs de sa partie. Une exigence qui ne manquera pas de séduire son sélectionneur, dont il côtoyait les fils chez les jeunes et qui connaît donc par cœur son « excellent profil ». S’il a déjà gagné le droit d’être revu, Jérémy Jacquet devra en revanche composer avec une concurrence féroce à son poste, notamment incarnée par un Maxence Lacroix. Très bon en Turquie et en Belgique, le numéro 5 de Chelsea est le seul joueur de champ que Zidane a titularisé à deux reprises.
· Andy Diouf (latéral gauche)
Sur son côté, c’est peut-être lui qui a le plus d’espace pour s’imposer, à un poste sinistré. Lucas Digne et les frères Théo et Lucas Hernandez, soit les trois options de Didier Deschamps à la Coupe du monde, ont tous été laissés à la maison par Zidane. En plus d’Adrien Truffert, aligné lors du match en Turquie, le sélectionneur a donc arrêté son choix sur Andy Diouf, auteur d’un début de saison très solide en club. Le nom du titulaire ce vendredi donnera forcément un indice quant à l’identité de celui qui aura pris une longue d’avance dans son esprit.
Pour Andy Diouf, le plus grand défi sera peut-être de se faire à l’idée qu’il peut être un latéral gauche d’élite, et non plus un milieu relayeur, son poste de prédilection. Alors qu’il répète à l’envi qu’il compte toujours s’imposer au milieu de terrain avec son club de l’Inter Milan (où son coach l’aligne… en piston droit), il a été un rien plus mesuré au sortir du match contre la Belgique : « Comme à l’Inter, je suis dans une position qui n’est pas forcément la mienne. Mais le plus important c’est d’être sur le terrain et d’aider l’équipe, a-t-il déclaré. Je prends plus de plaisir quand je joue à mon poste, mais j’en prends aussi à gauche. » Le jeu en vaut la chandelle.
· Lucas Da Cunha (milieu défensif)
Aurélien Tchouaméni en manque de rythme, N’N’Golo Kanté absent, Warren Zaïre-Emery blessé et Eduardo Camavinga pas franchement réputé pour sa régularité, l’un des invités surprise de la première liste de « Zizou » avait une carte à jouer. Et Lucas Da Cunha a su le faire contre la Belgique.
Avec ses passes ciselées, son intensité dans le pressing et les replis défensifs et même une frappe sur le poteau, il a rayonné. Lui aussi devrait se voir offrir (au moins) une autre opportunité lors de cette fenêtre internationale. Reste qu’il fait face à une adversité de très haut niveau : entre l’incontournable Adrien Rabiot, un Rayan Cherki que Zidane imagine au milieu, un Manu Koné au volume de jeu colossal et les absents de cette fenêtre, le milieu qui découvre aussi la Ligue des Champions avec Côme va devoir répéter les performances de haut vol. Il a en tout cas pris le meilleur décollage possible.
· Esteban Lepaul (attaquant)
Quelques instants de jeu en Turquie, une grosse heure à Bruxelles, et c’est tout. C’est peu dire qu’Esteban Lepaul n’a pas été servi par le scénario de ses deux premières sélections. Auteur de 23 buts en Ligue 1 depuis qu’il a rejoint le Stade rennais en août 2025, l’attaquant n’a pas été particulièrement mis en valeur en équipe de France par des coéquipiers qui l’ont peu cherché. Et sur les rares ballons qu’il a joués, il a manqué de tranchant.
Plus embêtant, il a été éclipsé par ses partenaires de l’attaque, et notamment un Désiré Doué en feu. Surtout, le match en Belgique a basculé en faveur des Bleus une fois qu’il avait regagné le banc. Reste qu’il dispose d’un profil rare de vrai numéro 9, sans doute son meilleur atout pour se faire une petite place derrière les stars Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé ou Michael Olise.
· Pierre Kalulu (latéral droit)
Lui n’était pas novice sous le maillot au coq avant la nomination de Zinédine Zidane. Mais avec trois petites sélections et une absence de la liste pour la Coupe du monde, Pierre Kalulu est encore une jeune pousse au niveau international. Surtout, il n’avait encore jamais été dans une telle situation. Car derrière le titulaire à droite Jules Koundé, tout juste nommé vice-capitaine des Bleus par le nouveau sélectionneur, son match solide contre la Belgique, où il a réussi une très belle partie face à l’ailier du PSG Mika Godts, prouve qu’il peut gagner une place sur la durée.
Pour ce rassemblement, Zinédine Zidane l'a d’ailleurs préféré à Malo Gusto, qui, depuis son rôle de titulaire à Chelsea, faisait figure de principal rival. D’autant qu’avec sa faculté à jouer dans l’axe et son très bon début de saison à la Juventus Turin, Pierre Kalulu a pour lui une polyvalence et une connaissance du haut niveau. Quand Zidane disait en conférence de presse après le match contre la Belgique que « tout le monde peut amener quelque chose à un moment donné » et que les joueurs ont « tous été prêts », cela s’adressait grandement à lui.