Dans le cyclisme de 2026, terminer deuxième derrière Tadej Pogacar n'équivaut-il pas à un succès ? Pour son premier véritable test en haute montagne sur un grand tour, Jarno Widar a confirmé mardi son statut de petit prince du cyclisme belge lors d'une quatrième étape de la Vuelta tracée en Andorre.

À 20 ans, le Limbourgeois s'est offert le luxe de devancer au sprint des noms aussi prestigieux que Roglic (7e), Gall (3e) ou Kuss (5e) après avoir regardé plusieurs vainqueurs de la Vuelta ou du Giro droit dans les yeux.

"Je me suis un peu surpris moi-même mais terminer 2e derrière le meilleur coureur de tous les temps, c'est tout de même pas mal, souriait la pépite de chez Lotto Intermarché dans ce mélange de timidité et d'ambition qui lui est propre. Me retrouver avec des coureurs comme ça, c'est un honneur, un rêve de gosse."

En difficulté un moment dans le col d'Ordino (9,9km à 7 %), l'avant-dernière difficulté du jour, Widar a agi avec une impressionnante maturité et n'a jamais paniqué.

"Je ne me suis jamais considéré comme un véritable grimpeur, je me vois plutôt comme un puncheur, continuait le Limbourgeois. Ce n'est donc pas un hasard si c'est dans la plus longue des ascensions du jour que j'ai vécu un moment plus délicat… J'ai peiné à trouver le bon tempo mais je ne me suis pas affolé car je savais que les deux dernières difficultés me convenaient bien mieux."

Très souvent comparé à son contemporain Paul Seixas, même si le Belge a un an de plus, le vainqueur du Giro NextGen 2024 n'a pourtant pas le même profil que le 4e du dernier Tour de France. "Comme il a battu Seixas sur deux étapes du Tour de l'Avenir en 2025, je peux comprendre qu'on fasse un raccourci un peu facile, jugeait Mario Aerts, le directeur sportif de Lotto Intermarché. Mais ce sont des coureurs vraiment différents. La force de Jarno, pour un coureur de son gabarit (1m66 pour 54 kilos), c'est vraiment son sprint. Il est assez explosif et dans le contexte d'arrivée en petit comité comme sur cette 4e étape de la Vuelta, on a pu voir à quel point cela pouvait être précieux."

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Je ne suis pas venu ici pour le général, je n'y pense pas.

Désormais neuvième du classement général, à 34 secondes du podium seulement, Jarno Widar refuse pourtant de faire de ce ranking une ambition jusqu'à l'arrivée finale à Grenade. "Je ne suis pas venu ici pour viser le général et je n'y pense pas. Peut-être qu'en troisième semaine, on verra qu'un bon classement est possible, mais ce n'est vraiment pas dans ma tête pour l'instant."

Un discours auquel son directeur sportif apportait de la nuance. "C'est vrai que ce n'est pas l'intention qu'il perde du temps volontairement, concluait Aerts. Ce serait top s'il finissait dans le top 10 ou le top 15, mais il peut aussi y avoir un jour où tout va mal. C'est aussi pour ça que nous sommes venus à la Vuelta avec Jarno : voir s'il tient trois semaines d'affilée. Car honnêtement, on ne le connaît pas encore dans un grand tour. Trois semaines de course, c'est autre chose qu'une course de sept jours. Et cette année, chez les pros, il n'a pas encore beaucoup couru…"

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