Second jour d’audience ce vendredi 11 septembre au tribunal judiciaire de Grasse où une seule victime parmi les seize identifiées, dupées par l’escroc, un vrai-faux conseiller bancaire, est venue témoigner à la barre.

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LR

Jean Stierlé

Créé le 11 septembre 2026 • 19:49

Mis à jour le 11 septembre 2026 • 19:49


Le palais de justice de Grasse.
Le palais de justice de Grasse.
Photo Sébastien Botella

Dans le box des prévenus Ludovic L. un Parisien âgé de 26 ans lui présente des excuses tardives. Il l’avait floué en détournant un compte whatsApp pour l’avertir d’une fraude imaginaire sur son compte bancaire. Peut-être fait-il partie des nombreuses victimes de ce redoutable faussaire car lors de son arrestation dans une chambre d’hôtel à Cagnes-sur-Mer on avait trouvé un fichier Excel (sur un ordinateur saisi) récupéré sur le dark web avec plus de 6000 noms de clients d’établissements bancaires tous renseignés avec des données confidentielles. De là imaginer une fraude XXL avec un préjudice supérieur aux 70.000 euros avoués il n’y a qu’un clic de clavier.

En récidive, il encourt 20 ans de prison.

« Un orfèvre du blanchiment qui minimise son implication »

C’était d’ailleurs le fond sonore qui accompagnait les appels frauduleux afin de faire croire au client qu’il s’agissait bien d’un call center. C’était même le numéro attribué à la banque qui s’affichait sur l’écran du malheureux gogo. Car c’est là tout le drame, « je n’aurais jamais imaginé me faire avoir comme cela. 5000 euros ont été prélevés sans pouvoir stopper la fraude. C’était organisé, précis jusqu’à l’ambiance sonore », déclare cette énième victime.

Pour le procureur Julien Pronier il s’agit « d’un orfèvre du blanchiment qui minimise son implication. Il considère l’escroquerie comme un travail ». Il requiert 6 ans de prison dont un avec sursis, 50.000 euros d’amende et interdiction du territoire des Alpes-Maritimes pendant 5 ans. Aux intérêts du prévenu Me Laura Lagarde décrit « une vision de la réussite d’un gamin alors âgé de vingt ans où il fallait avoir de l’argent. Est-il à l’origine de toutes les fraudes qu’on lui reproche entre 2021 et 2023 ? On n’en a pas de preuves. On reste en tout cas dans des infractions contre les biens. » Dans son délibéré, le tribunal condamne Ludovic L. à 6 ans de prison avec maintien en détention et 50.000 euros d’amende.


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