« Je reste la joueuse que je suis » : Manon Pellerin se confie sur son rôle de capitaine de Toulon
À 26 ans, Manon Pellerin entame sa cinquième saison sous les couleurs de Toulon. Mais celle-ci a une saveur particulière. L’ailière droite porte désormais le brassard de capitaine d’une équipe profondément renouvelée. Un rôle symbolique pour celle qui a signé dans le Var son premier contrat professionnel.
Le handball, chez les Pellerin, est presque une affaire de famille. Manon commence à seulement 5 ou 6 ans, dans les pas de ses parents, de son frère et de sa sœur. « On est une grande famille de handballeurs. Mon papa, ma maman, mes frères et sœurs… J’ai juste suivi le truc. »
Son père devient même son premier entraîneur, à Sainte-Pazanne, près de Nantes, et l’accompagne jusqu’à ses 14 ans. Très vite, une particularité oriente son parcours : Manon est gauchère.
« Mon papa m’a tout de suite dit que ce n’était pas commun, raconte-t-elle. Comme j’étais petite et plutôt rapide, ils m’ont mise à l’aile et ça m’allait très bien. » Même son numéro 8 raconte cette histoire familiale. « C’est le numéro que ma mère portait quand elle faisait du handball. »
Lorsqu’on lui demande de mettre de côté les statistiques pour définir simplement la joueuse qu’elle est, un mot s’impose : « guerrière ». « J’ai toujours besoin de crier, de lever les bras, d’encourager à fond. Ça m’aide à être dans mon match. Quand je marque, j’ai besoin de montrer à mes coéquipières que je suis là pour gagner. »
Cette énergie, Manon ne voulait surtout pas la perdre en devenant capitaine. Après avoir été vice-capitaine puis partagé les responsabilités la saison dernière, elle a été choisie cet été par le staff. « J’étais très honorée. Voilà cinq ans que je suis ici. C’est vraiment un club qui m’a vue grandir. »
Une casquette de guide touristique
Avec Rémi Faugères, une règle a rapidement été fixée : le brassard ne devait pas transformer la joueuse. « Je voulais vraiment faire la part des choses entre la capitaine et la joueuse. Je reste la joueuse que je suis. »
Sa mission consiste notamment à faire le lien entre le groupe et le staff, mais aussi à représenter le club. Un rôle d’autant plus important cette saison avec huit nouvelles joueuses et un vestiaire très international.
Français, anglais, allemand et langues scandinaves se côtoient désormais au quotidien : « J’adore ça. Tout le monde fait l’effort et je pense que ça aide les étrangères à se sentir écoutées et à faire partie du groupe. »
La capitaine joue aussi les guides loin du palais des sports. Plage de Monaco, Sanary-sur-Mer et ses marchés : après cinq années dans le Var, elle fait découvrir sa région aux nouvelles arrivantes. Une autre façon de créer des liens et de construire le collectif dont Toulon aura besoin cette saison.
Face à Paris 92, Toulon veut réagir
Battues lors des deux premières journées, les Toulonnaises se déplacent, ce vendredi sur le parquet de Paris 92 à Issy-les-Moulineaux (19h30), avec l’ambition de débloquer leur compteur en Ligue Butagaz Énergie. Leur adversaire présente lui aussi un bilan de deux défaites. « On a à cœur de se rattraper après la contre-performance à domicile », annonce Rémi Faugères.
Le technicien se méfie notamment de la puissance parisienne sur la base arrière et au pivot. Il attend une réponse défensive permettant à Toulon d’exploiter davantage le jeu sur grand espace, mais aussi « plus de continuité » et d’efficacité offensivement.
Après le revers face à Stella, le message est également mental : « Le match à l’extérieur n’est jamais simple, mais il faudra mettre du caractère. Peut-être que celui qu’on n’a pas mis face à Stella sera présent à Paris. »