« Je suis candidat… à venir autant de fois que possible au Festival de Mouans-Sartoux » : François Hollande fait son show au Festival du livre
Pour sa 39e édition, le Festival du livre de Mouans-Sartoux a reçu, ce vendredi 2 octobre, un ancien président de la République. Le premier depuis la création de l’événement. L’ancien chef de l’État socialiste, François Hollande, est venu présenter son dernier ouvrage Unir : nouveau monde, nouvelle gauche, paru le 3 septembre aux éditions Robert Laffont. Un livre dans lequel il dévoile son projet pour la France, dans la perspective des élections présidentielles de 2027, sans être (pour le moment du moins) candidat.
Dans les allées du festival, l’arrivée du prestigieux invité n’est pas passée inaperçue. Il faut dire que l’ancien premier secrétaire du PS a choisi de se déplacer dans l’un des derniers bastions de la gauche dans les Alpes-Maritimes, administré par un maire écologiste puis divers gauche depuis plus de 50 ans.
Retour sur son mandat et tacles ciblés
Dès 15 heures, devant son stand, se pressaient quelques élus locaux et militants PS maralpins, lecteurs curieux et collégiens. « C’est le Président », a soufflé l’un d’eux, impressionné. « Lequel ? », l’a interrogé un camarade. L’adolescent a haussé les épaules. On lui pardonne. En 2012 il n’était pas né.
Après une première séance de dédicaces et de selfies, des interviews données aux médias, le député de Corrèze de 71 ans a animé une rencontre publique, sur la scène centrale. L’occasion de revenir sur ses cinq ans de mandat à l’Élysée (de 2012 à 2017), partager ses regrets, distribuer quelques piques aussi, à Donald Trump « qui pense que la Terre est plate », ou Emmanuel Macron, le tout devant un parterre d’auditeurs attentifs, désarmés par la simplicité de l’ancien homme d’État, « le président normal » qui se voulait jadis proche du peuple.
Dans Unir, François Hollande dévoile son programme, évoquant un âge de départ à la retraite à 63 ans, avec une part de capitalisation, des restrictions sur le regroupement familial en matière d’immigration.
« Ça donne le sentiment que cette nouvelle gauche que vous proposez est quand même plus au centre qu’à gauche », a relevé sur scène l’animateur de cette rencontre.
« Non », a protesté l’ancien Président socialiste.
Dans le gymnase de la Chênaie, qui accueillait l’événement, des auditeurs ont levé les yeux au ciel.
« Ils n’ont qu’à prendre mon programme »
« Vous avez un programme, pourquoi vous ne participez pas à la primaire de la gauche ? », l’a relancé son interlocuteur.
« Ils n’ont qu’à prendre mon programme, ils gagneront du temps », a répondu François Hollande, déclenchant rires et sourires dans le public massé autour de l’estrade.
« Ce qu’il faut, c’est que le candidat qui sera vainqueur… », a-t-il commencé, avant de se reprendre : « ou la candidate. Je fais attention [à ce que je dis] quand même ». Nouveaux éclats de rire dans la salle. Parmi les cinq candidats à la primaire de la gauche, qui ont débattu jeudi soir sur BFM, figure une seule femme, Ségolène Royal, son ex-épouse et mère de ses quatre enfants.
« Monsieur le Président, vous êtes candidat ? », a tenté en fin d’entretien son interlocuteur.
« Je suis candidat… à venir autant de fois que possible au Festival de Mouans-Sartoux », a habilement conclu François Hollande.