Jess, 39 ans, inquiète pour son avenir : "Je suis certaine que je ne pourrai jamais me permettre de prendre ma retraite"
Publié le 18/10/26 à 19:30Par Solweig E.
Certaines personnes rêvent déjà d'être à la retraite tandis que d'autres, comme cette femme, la voient comme une illusion.
À 39 ans, Jess Davis pense déjà à sa retraite, mais pas vraiment comme ceux qui attendent avec impatience leur dernier jour de travail. Cette Britannique craint surtout de ne jamais avoir suffisamment d’argent pour arrêter son activité professionnelle. D’autant qu’elle ne possède aucun bien immobilier et doute de pouvoir devenir propriétaire un jour.
Alors, plutôt que d’espérer une retraite confortable, elle préfère ne pas trop se faire d’illusions. Dans un témoignage accordé au média britannique iNews, cette cheffe de projet explique pourquoi elle redoute de devoir travailler toute sa vie.
© ShutterstockJess, 39 ans, inquiète pour son avenir : "Je suis certaine que je ne pourrai jamais me permettre de prendre ma retraite"
À 39 ans, Jess possède déjà trop peu d’économies pour préparer sa retraite
Après avoir passé une dizaine d’années dans le secteur public, Jess travaille aujourd’hui comme cheffe de projet. Un emploi qui lui plaît, même si ses journées sont souvent longues. Elle reconnaît d’ailleurs qu’elle aime être occupée et supporte difficilement de rester sans rien faire. Mais cela ne signifie pas qu’elle souhaite continuer à travailler jusqu’à la fin de sa vie. Elle aimerait simplement avoir le choix. Or, avec un revenu mensuel d’environ 2 820 euros, elle ne peut pas mettre de côté autant qu’elle le souhaiterait.
Il faut dire que son logement représente déjà une dépense importante. Jess vit avec son compagnon dans un logement de trois chambres situé dans le Staffordshire, pour lequel ils paient environ 1 070 euros de loyer par mois. Et contrairement aux propriétaires qui auront éventuellement terminé de rembourser leur crédit à l’âge de la retraite, elle devra probablement continuer à payer pour se loger. Une situation qui complique sérieusement ses projets d’avenir.
© ShutterstockElle ne pense pas pouvoir devenir propriétaire d'ici la retraite.
Une retraite qui s’annonce difficile avec seulement 5 570 euros de côté
Autre problème, Jess n’a commencé à cotiser à une épargne retraite professionnelle qu’une dizaine d’années auparavant. Lorsqu’elle a débuté sa carrière, le système britannique d’affiliation automatique des salariés n’existait pas encore. Introduit en 2012, il permet aux employés de cotiser par défaut à un dispositif d’épargne retraite, sauf s’ils choisissent de s’en retirer. Avant cette évolution, Jess n’avait rien épargné pour ses vieux jours. Aujourd’hui, elle possède environ 5 570 euros répartis entre trois anciens dispositifs professionnels, ainsi qu’un autre qui devrait lui verser près de 3 560 euros par an.
Des montants qu’elle juge largement insuffisants pour vivre confortablement sans travailler. « Mon fond de pension actuel est si petit que je n’ai pas la confiance que je serai en mesure de survivre si je prends ma retraite », reconnaît-elle. Elle sait également que sa pension publique ne suffira probablement pas à couvrir toutes ses dépenses. Pourtant, augmenter ses cotisations reste compliqué avec son budget actuel. Elle préfère donc éviter de se projeter dans une situation financière qu’elle n’est pas certaine de pouvoir atteindre. « Il vaut mieux ne pas faire monter ses espoirs. Je préfère le prendre comme un gros bonus si je peux me le permettre après tout », confie-t-elle.
© ShutterstockElle ne croit pas avoir un jour assez d'argent pour prendre sa retraite.
Comme Jess, de nombreux Britanniques s’inquiètent pour leur future retraite
Cette inquiétude semble loin d’être isolée. Selon une enquête menée par PensionBee, 51 % des personnes interrogées envisagent leur avenir financier à la retraite de manière plutôt négative. Le montant de la pension versée par l’État reste notamment une préoccupation importante. Pourtant, les autorités britanniques ont maintenu le mécanisme de revalorisation des pensions et annoncé une augmentation des prestations publiques en avril. Malgré cela, de plus en plus de personnes âgées de plus de 65 ans reprennent une activité professionnelle, notamment pour faire face à leurs difficultés financières et à l’augmentation du coût de la vie.
Pour Jess, le problème est aussi de ne pas savoir à quoi ressemblera le système lorsqu’elle atteindra elle-même l’âge de partir. « J’ai peur d’être trop dépendante de l’État-providence car je n’ai aucune idée du niveau de la pension de l’État à ma retraite », explique-t-elle. Sans logement à elle ni économies suffisantes, elle redoute donc de devoir repousser indéfiniment son départ. Pour le moment, Jess continue de travailler et d’épargner ce qu’elle peut. Mais à seulement 39 ans, elle a déjà renoncé à considérer la retraite comme une certitude.
En bref
- 😟 À 39 ans, Jess craint de ne jamais pouvoir prendre sa retraite.
- 💸 Avec peu d’économies et un loyer élevé, elle a du mal à préparer son avenir.
- 👵 Au Royaume-Uni, de nombreux travailleurs s’inquiètent de ne pas avoir assez d’argent pour vivre à la retraite.