Il était en train de raconter la difficulté d'une possible candidature à l'Élysée lorsque son regard a été happé par l'écran face à lui. Ce jeudi 17 septembre, Jordan Bardella répondait aux questions de Sonia Mabrouk sur BFMTV. Au menu, la présidentielle de 2027 et la place qu'il pourrait y occuper. Depuis la décision rendue en appel le 7 juillet dernier, Marine Le Pen peut à nouveau, en l'état, envisager une candidature : les quinze mois d'inéligibilité ferme prononcés ont déjà été purgés. Elle a toutefois formé un pourvoi en cassation, qui entretient une incertitude juridique autour de la suite de la procédure.

Sonia Mabrouk interrogeait justement Jordan Bardella sur la préparation imposée par l'hypothèse de devoir se présenter. Mais en pleine réponse, la Une de Libération, titrée "Bardella, enquête sur sa vie de jet-setteur", s'est affichée sur le plateau. Le président du RN s'est aussitôt interrompu. Une réaction qui intervient après plusieurs mois durant lesquels ses sorties, ses fréquentations et certaines adresses luxueuses qu'il fréquenterait ont été commentées jusque dans son propre parti.

Jordan Bardella agacé par la Une de Libération sur sa "vie de jet-setteur"

Avant cette interruption inattendue, Jordan Bardella expliquait ce qu'avait représenté pour lui la perspective de devoir remplacer Marine Le Pen. "Vous savez, ce qui fait un homme politique, ce sont les épreuves. C'est d'abord les sacrifices qu'on consomme dans notre vie personnelle. Donc c'est une épreuve de ne pas être considéré, de ne pas avoir pu être candidat directement. Non, d'avoir dû me préparer, ça a été une épreuve, bien sûr. Pardon, mais tout le monde peut imaginer que lorsqu'on vous annonce qu'il faut vous préparer à potentiellement être candidat à l'élection présidentielle, tout le monde peut comprendre que c'est un chemin de croix, que c'est une tâche que je n'ai jamais sous-estimée et qui est peut-être la tâche la plus importante à laquelle un homme ou une femme peut un jour devoir se préparer dans un contexte que vous connaissiez, qui était un contexte difficile, où je dirais chaque..."

La phrase restera inachevée. En découvrant la couverture face à lui, il lâche : "Ah oui, ça c'est les bobards de Libération sur ma vie privée. Parce que ça c'est aussi très intéressant, c'est-à-dire que comme on a plus grand chose... C'est-à-dire que je suis plus attaqué sur ma vie privée, avec tous les bobards qu'il y a à l'intérieur d'ailleurs, que sur ce qu'on peut dire ou proposer. Et je trouve ça dommage d'ailleurs, parce que je pense que les Français n'aiment pas les attaques sur la vie privée." Sonia Mabrouk lui demande alors : "Qui les alimente ?" Jordan Bardella répond : "J'en sais rien, vous êtes souvent journaliste mieux renseigné que nous sur ce qui alimente les journalistes de... de Libération." Il ne précise toutefois pas à l'antenne quelles informations de l'enquête il conteste précisément.

Monaco, luxe et... malaise rapporté au RN

Que contient donc cette enquête qui l'agace autant ? Libération s'est penché sur plusieurs aspects de son quotidien : costumes sur mesure, hôtel aux Maldives, fréquentation d'adresses parisiennes haut de gamme ou encore sa relation avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. Le journal cite également un ancien conseiller selon lequel "Jordan Bardella a toujours été attiré par tout ce qui brille, le luxe c'est son point faible". Parmi les lieux mentionnés figurent le Cercle de l'Union interalliée et le restaurant Laurent, où se rendent également des responsables du RN et différentes personnalités médiatiques. Ces éléments s'ajoutent à

un épisode monégasque qui avait déjà beaucoup fait parler au début de l’été.

Le 7 juin, l'ami de Cyril Hanouna avait assisté au Grand Prix de Monaco depuis une loge VIP, en compagnie de sa compagne au sang bleu, avant de se rendre au Jimmy'z, l'une des discothèques les plus sélectes de la Principauté. Selon Le Canard enchaîné, les tables y étaient proposées ce soir-là à partir de 25 000 euros. Ce chiffre ne correspond toutefois pas à une somme dépensée par Jordan Bardella : son entourage avait assuré qu'il n'avait réservé aucune table et qu'il était simplement "resté au bar". L'épisode aurait néanmoins fait "grincer des dents" jusque dans les rangs du RN, alors que le parti revendique régulièrement son ancrage auprès des catégories populaires.

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