Lors du meeting Athlos 100 % féminin disputé vendredi dernier à Londres, la championne olympique britannique Keely Hodgkinson a remporté le 800 m dans une tenue intégrale noire futuriste très remarquée, réalisée par son équipementier Nike, et qui a fait passer sa performance chronométrique de fin de saison (1.56.40, à deux secondes de son record) au second plan.

Capuche aérodynamique avec ouverture laissant sortir sa queue-de-cheval, cou et mains couvertes, échancrures au niveau des aisselles, dos nu, lunettes de soleil : les médias britanniques ont évoqué aussitôt une "Catwoman" des pistes ainsi qu'une "tenue de ninja". L'athlète de 24 ans parlait, elle, de "la rencontre de la vitesse et du style".

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Mais au fond, est-ce du sport ? Est-ce de la mode ? Est-ce du marketing ? Est-ce de la science ? Sans doute un peu de tout cela à la fois ! Et c'est la combinaison entre ces différents aspects qui rend le phénomène intéressant.

"Nous n'étions pas sûrs de quand nous allions porter cette tenue, mais avec le recul, cet événement exclusivement féminin, placé sous le signe du glamour et du faste, était l'occasion parfaite pour cette première", a souligné Keely Hodgkinson, qui est également championne du monde indoor, double championne d'Europe et médaillée de bronze mondiale en plein air. "Cela peut être très intéressant pour l'avenir de l'athlétisme."

Britain's Keely Hodgkinson races in the 800m during the ATHLOS 2026 athletics meeting in London, Friday Sept. 18, 2026. (Bradley Collyer/PA via AP)
La rencontre de la vitesse et du style, selon la Bitannique. ©PA Wire

L'athlète de Wigan, qui assume la volonté de "se sentir un peu sexy", a été impliquée dans tout le processus de conception et a travaillé pendant un an avec son équipementier (l'ancien décathlonien Ashton Eaton fait partie des responsables "innovation") pour mettre au point cette tenue imaginée comme une seconde peau et présentant des éléments aérodynamiques imprimés en 3D.

"Je me suis entraînée avec cela par 37 °C lors d'un camp d'entraînement en Afrique du Sud, et cette technologie est incroyable, a dévoilé Keely Hodgkinson. Ils en ont tellement appris sur la manière de rendre les combinaisons et les athlètes plus rapides ; il y a tellement de science derrière ça qu'on a presque du mal à y croire."

La populaire athlète anglaise a reconnu qu'elle s'était montrée inflexible sur ses cheveux sortant de la capuche quitte à perdre en aérodynamisme.

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Les cheveux détachés ? Ce n'était pas négociable. Je veux aussi me sentir bien...

"D'un point de vue purement technique, tu vas plus lentement à cause de la résistance de l'air si tu portes tes cheveux détachés, mais je me suis dit : là-dessus, il n'y a rien à négocier. Ça restera ainsi, car je veux aussi me sentir bien sur la piste. Je suis vraiment du genre à penser : 'look good, feel good'. Tout doit toujours être en équilibre."

Confort et confiance

Keely Hodgkinson, qui dit avoir eu l'impression de ressembler un peu à Liam Gallagher, Mancunien comme elle, "pour ce qui est du style et de la confiance" en elle, a ajouté que la combinaison donne non seulement "l'impression d'aller très vite", mais qu'elle se sent aussi "confortable et confiante".

"Sinon, je ne la porterais pas", insiste la demi-fondeuse, qui a empoché environ 56 000 euros pour sa victoire et s'est vu décerner une couronne luxueuse spécialement conçue par le joaillier de renom Tiffany & Co.

Comme Griffith-Joyner et Freeman

Les combinaisons intégrales ne sont pas neuves sur le circuit. Certains se souviendront des tenues déstructurées et asymétriques de l'Américaine Florence Griffith-Joyner, détentrice des records du monde du 100 m et du 200 m, dans les années 1980. Le style non-conventionnel de "Flo-Jo", avec un maquillage voyant et de très longs ongles colorés, a marqué durablement les esprits.

RAU/ GRIFF_JOYNER3_SEOUL_RAU.JPG, SEOUL, SUEDKOREA, 21.09.1988, Archivfoto, Florence Griffith Joyner, 'Griffith Joyner', 'Griffith-Joyner' , GRIFFITH-JOYNER, USA, SPRINT, verstarb 1998 im Alter von 38 Jahren nach einem Schlaganfall US-Sprinterin Florence Griffith-Joyner, hier bei ihrem OLYMPIASIEG 1988 in SEOUL, | usage worldwide
Florence Griffith-Joyner aux Jeux de Séoul en 1988. ©BELGAIMAGE

Icône du sport et de la mode, elle a incontestablement ouvert la voie à certaines audaces sur les pistes d'athlétisme dont l'univers est plutôt aseptisé. "Le style n'est pas séparé de la performance. Il en fait partie", disait déjà la sulfureuse sprinteuse à l'époque.

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Lors des Jeux olympiques 2000, à Sydney, c'est l'Australienne d'origine aborigène Cathy Freeman qui défraya la chronique en remportant la finale du 400 m vêtue d'une tenue intégrale verte et or à capuche, la fameuse "Nike Swift Suit". Lors de la cérémonie d'ouverture, c'est avec une autre combinaison, d'un blanc immaculé celle-là, qu'elle avait allumé la Flamme.

Cathy Freeman
Cathy Freeman a remporté le titre olympique sur 400m avec cette tenue en 2000. ©Belga

"Bien sûr j'ai un peu hésité car c'était si radical pour moi. Et tous ceux qui me connaissent savent que je préfère être dans l'ombre que sous les feux des projecteurs. Et puis le bon sens m'a convaincu de faire un peu de spectacle, c'est pourquoi j'ai finalement porté cette tenue", a raconté Cathy Freeman au site Olympics.com. "Je l'ai mise plusieurs fois à l'entraînement et je me suis immédiatement sentie bien. J'avais l'impression de fendre l'air. J'étais comme dans un cocon, dans mon monde, or les athlètes souhaitent être dans cette bulle, n'avoir qu'une priorité."

Le confort et la respirabilité de ces tenues aérodynamiques ayant évolué, en verra-t-on de plus en plus sur les pistes à l'avenir ? C'est possible...

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