Habituellement, l’objectif d’une caravane électorale est de se faire voir. Mais à deux reprises dimanche, le Parti québécois (PQ) a dû mettre l’autobus bleu frappé du visage de son chef à l’abri des regards.

La Loi électorale indique que « toute forme de publicités partisanes [sur les lieux de vote] est interdite pour éviter que les électeurs ne subissent des pressions ou des influences lorsqu’ils se rendent voter ». Ainsi, près des bureaux de vote « personne ne peut utiliser un signe évoquant son appartenance politique ou son appui ou son opposition à un parti ou à un candidat ».

« Cela inclut notamment les affiches électorales et les véhicules (une automobile ou un autobus, par exemple) identifiés au nom d’un parti ou d’un candidat », a indiqué Élections Québec au Devoir, dimanche.

Par précaution, l’équipe de Paul St-Pierre Plamondon a donc caché l’autobus du chef derrière l’autobus des médias, en avant-midi, lorsqu’il s’est arrêté à Dunham, en Estrie.

Le chef péquiste devait y rencontrer l’ancien ministre Claude Charron, qui a une résidence dans la circonscription de Brome-Missisquoi, et qui comptait profiter du premier jour de vote par anticipation pour donner son appui au parti qu’il a représenté pendant 12 ans à l’Assemblée nationale.

Pendant qu’il s’avançait vers le bureau électoral, « PSPP » a reçu une mise en garde de sa cheffe de mission, France Amyot : « N’oubliez pas que vous ne saluez pas les gens, [mais] vous pouvez saluer les gens qui viennent à vous. »

« Je vais vous laisser faire ce que vous avez à faire », a glissé M. St-Pierre Plamondon à M. Charron, qui s’est engouffré dans le local pour exercer son droit de vote.

Dernier survivant de la première cohorte d’élus de l’histoire du Parti québécois, M. Charron a salué dimanche le travail de l’actuel chef de la formation politique, ainsi que sa décision d’attendre le départ de Donald Trump avant de lancer une campagne référendaire. « Je crois qu’il va y avoir un référendum. À quel moment, dans quelles circonstances, qu’est-ce qui aura façonné l’opinion [publique] ? Ce sera à eux de le décider », a-t-il dit.

Arrivé à Longueuil plus tard dimanche, l’autobus du PQ a de nouveau dû se stationner plus loin, l’hôtel où devait dormir le chef faisant office de bureau de vote. Jacques, le chauffeur, a dit espérer que le véhicule ne serait pas « barbouillé » pendant la nuit.