Faut-il prêter attention à la primaire socialiste ? Oui ! Et pour une raison simple : nous allons assister au premier exercice démocratique de cette présidentielle.

Mercredi 16 septembre 2026

D’ici à mi-octobre, des débats publics auront lieu entre représentants d’une même sensibilité politique -ce sont souvent les plus intéressants. Et ils seront sanctionnés par un vote de départage, en un ou deux tours. Des citoyens vont trancher, c’est la bonne nouvelle.

La mauvaise, c’est qu’ils ne seront que 50 à 100.000 tout au plus. Comparaison cruelle. La primaire de 2011 avait réuni plus de 2 millions et demi de votants, celle de 2017 2 millions. Cette fois, les organisateurs en sont à espérer un effet ‘vus à la télé’, un sursaut de quelques dizaines de mille après les premiers débats du 23 septembre sur LCI et du 1er octobre sur France 2 et France Inter. Sachant que le corps électoral ne sera arrêté que le 5 octobre.

Une primaire purement militante pour le PS

Le format a été tranché en juillet par les adhérents socialistes, contre l’avis du 1er secrétaire Olivier Faure : il n’y aura pas de grande primaire ouverte de la gauche non mélenchoniste, mais un scrutin restreint au PS, à Place Publique de Raphaël Glucksmann, à la GRS, la Gauche républicaine et socialiste d’Emmanuel Maurel. Et à tous ceux qui adhèrent pour voter, au tarif de 15€ (10 au tarif social). En 2011 et 2017, l’accès au vote était à 1€.

L’affiche va donc réunir, outre Glucksmann, Faure et Maurel : Ségolène Royal, Jérôme Guedj et Philippe Brun.

Ségolène Royal a-t-elle une chance de resurgir ? Personne ne la voit gagner. Beaucoup l’imaginent bordéliser le match. La seule femme du groupe est aussi la seule à avoir été candidate et finaliste il y a 20 ans, cela donne une stature. Ajoutez-y un aplomb à toute épreuve, une démagogie sans limite, une proximité avec Macron en 2017, un soutien à Mélenchon en 2022, une défense de la chloroquine pendant le COVID, une mise en doute des crimes russes en Ukraine… bref un passif suffisamment lourd pour ne pas laisser ses rivaux démunis.

Raphaël Glucksmann sera le candidat le plus scruté

Parce qu’ayant le plus à perdre : il est le grand favori ! Arithmétiquement, sa position est forte, il est soutenu par plus de la moitié du PS. Mais politiquement, les pièges sont nombreux, puisque l’autre moitié, emmenée par Olivier Faure, rêve de le voir chuter. D’où la logistique et les parrainages offerts à Ségolène Royal.

Une victoire éclatante, peut-être dès le premier tour, installerait Glucksmann pour de bon comme l’alternative de gauche à Jean-Luc Mélenchon, et tiendrait François Hollande à distance. Un score étriqué ferait de lui un candidat sans élan.

Olivier Faure enfin. Qu’a-t-il à espérer ? Se maintenir à la tête du parti, malgré sa mise en minorité. Sauver son siège de député, et anticiper un nouvel accord aux législatives, ce qui suppose de ne pas fermer la porte à LFI. Ce qui le distingue radicalement de Glucksmann.

Tout cela nous laisse 2 certitudes : les débats télévisés seront décisifs, le résultat changera la physionomie de la présidentielle. On y jettera plus qu’un œil.