L'Iran a envisagé une frappe de représailles contre un port ukrainien. La cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, a désamorcé
L'Iran a sérieusement envisagé de frapper un port ukrainien, en représailles à l'attaque d'un navire marchand iranien par des drones ukrainiens, le 25 juillet dernier. La frappe a coulé le cargo tuant un marin, civil. Le cargo apportait des équipements militaires russes en Iran, ont affirmé les autorités ukrainiennes pour justifier l'attaque.
La cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kallas, a écrit sur le réseau social X s'être entretenue par téléphone avec Abbas Araghtchi, le ministre iranien des Affaires étrangères, à propos de la situation dans le Golfe et de la guerre en Ukraine. Depuis l'invasion russe de l'Ukraine, les alliés occidentaux de Kiev et l'Union européenne ont pris garde à contenir la guerre dans ses frontières, à l'est du continent.
Échanges d'armes entre Iran et Russie
Depuis le début de la guerre en Ukraine, des navires iraniens font des allers-retours entre leur pays et la Russie, les cales remplies de cargaisons militaires, dont certaines soumises à des sanctions occidentales.
L'Iran a fourni par ce moyen des milliers de drones Shahed à la Russie. En échange, Moscou livre des équipements militaires à Téhéran. Kiev a donc pris la décision de cibler un navire marchand iranien qui croisait en mer Caspienne.
Le lendemain, le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dénoncé cette frappe comme une violation de la Charte des Nations unies. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il a écrit que cet acte "ne peut pas rester sans réponse".
"Donald Trump pense que crier fort va faire réagir les Iraniens, mais c'est une mauvaise lecture du régime"Apaisements diplomatiques
La menace a suffi à faire craindre un passage à l'acte. Ce qui constituerait une escalade dangereuse, au risque de lier les deux conflits majeurs du moment, sachant que l'Iran est allié avec la Russie.
Selon le New York Times, la réplique de l'Iran aurait pu consister en un tir de missile balistique muni d'une petite ogive, sur l'un des ports ukrainiens de la mer Noire, afin d'envoyer un message symbolique, en causant relativement peu de dégâts.
Des responsables occidentaux ont toutefois averti qu'il était difficile de prédire comment l'Ukraine réagirait. Mardi, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Andrii Sybiha, s'est entretenu avec son homologue iranien, Abbas Araghchi. Ce dernier a écrit ensuite que M. Sybiha lui a assuré que l'attaque contre le cargo serait accidentelle. L'Iranien a aussi confirmé, sur son site officiel, son entretien avec Kaja Kallas, la haute représentante de l'Union européenne, à propos des "moyens de contribuer à apaiser les tensions dans la région".
La menace de l'Iran : l'accès à la mer Rouge bloqué par les Houthis en cas d'attaque américaine sur les infrastructures énergétiques iraniennesUne extension dangereuse des conflits
L'attaque ukrainienne survient au moment où le conflit au Moyen-Orient, déclenché le 28 février par l'attaque conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, s'étend avec une escalade militaire entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthis, alliés de Téhéran.
Ce 29 juillet, l'Arabie saoudite s'est jointe aux États-Unis pour des frappes aériennes conjointes en Irak, contre les Hachd Al-Chaabi, une coalition de groupes paramilitaires alliées de l'Iran, intégrés à l'armée irakienne. Les attaques ont fait au moins vingt morts.
Autre signe d'une internationalisation du conflit au Moyen-Orient, selon l'agence de presse Reuters, la Chine devrait livrer à l'Iran au cours des prochaines semaines une première livraison de 300 à 400 lanceurs portatifs de missiles sol-air (Manpads). Sur le front ukrainien, enfin, la Russie souhaiterait faire venir 30 000 soldats nord-coréens supplémentaires afin de renforcer ses rangs, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la cheffe de la diplomatie de l'Union européenne, Kaja Kalla, en a appelé "à trouver une voie vers la diplomatie et d'éviter un retour à une guerre à grande échelle". "Je suis prête à soutenir ces efforts", a-t-elle ajouté.
Pour accéder à cet article, veuillez vous connecter au réseau internet.