L'Iran attaque des bases américaines après de nouvelles frappes des États-Unis
Une capture d'écran d'une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux le 1er septembre 2026 montre une vue peu avant ce que le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) qualifie de frappe américaine sur une cible militaire iranienne.
© U.S. CENTRAL COMMAND via Reuters / N/C
L'Iran a attaqué des bases militaires des États-Unis dans le Golfe, ce mercredi 2 septembre, après une salve de frappes américaines contre lui.
Un deuxième jour de montée des tensions. « Les forces américaines ont frappé des cibles du Corps des Gardiens de la Révolution iranien », notamment des sites de défense aérienne, des systèmes de radar ou encore des installations maritimes, a annoncé sur X le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), ce mercredi 2 septembre. L'Iran a affirmé en retour avoir lancé une « opération décisive en riposte », visant « les bases et les intérêts américains dans la région » avec des missiles et des drones, a rapporté l'agence de presse d'Etat Tasnim.
Les Gardiens de la Révolution ont ensuite revendiqué des attaques contre des bases militaires américaines en Jordanie, en Irak et à Bahreïn. Si Téhéran « riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort », avait menacé le président américain Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Plus tard, il a dit « préférer » la situation actuelle, assurant que les États-Unis avaient un « contrôle quasi-total du détroit d'Ormuz », et que l'économie iranienne était en train de « s'effondrer complètement ». « Quand le peuple iranien va-t-il se soulever et se battre ? », a-t-il demandé.
La suite après cette publicité
Au moins 11 morts
L'armée jordanienne a annoncé avoir détruit dix missiles tirés depuis l'Iran, ajoutant que trois autres s'étaient écrasés à l'écart de zones habitées, sans faire de blessés. Le Koweït s'est également déclaré visé par des missiles et des drones, et des sirènes d'alerte ont retenu tôt mercredi matin à Bahreïn, selon des correspondants de l'AFP. Le porte-parole du commandement militaire central de l'Iran, Ebrahim Zolfaghari, a promis des « ripostes plus larges et plus destructrices » en cas de poursuite des attaques américaines, adressant la même mise en garde à « tout pays coopérant avec l'armée américaine agressive ».
La suite après cette publicité
Les médias d'État ont donné un bilan d'au moins 11 morts dans ces frappes américaines : quatre au cours d'un mariage dans la région d'Hormozgan (sud-est), où une cinquante personnes ont été blessées, et sept dans la région du Khouzestan (ouest) lors d'attaques de missiles qui ont aussi fait huit blessés. Les frappes américaines ont commencé peu après que le président iranien Massoud Pezeshkian ait appelé à un retour de la diplomatie, aujourd'hui au point mort.
Il a assuré que si les États-Unis respectaient le protocole d'accord signé en juin, et qui a presque aussitôt volé en éclats, « la République islamique d'Iran prendra immédiatement des mesures réciproques. »
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
Le cours du baril s'envole
La télévision d'État iranienne a fait état mardi de plusieurs explosions dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz. Elle a également fait état de déflagrations sur l'île de Lavan, située dans le Golfe et qui abrite l'un des terminaux d'exportation de pétrole iranien. Les médias d'État iraniens ont également rapporté qu'un aéroport du sud de l'Iran, dans la province de Kerman, avait été visé. Les frappes américaines de mardi arrivent peu après que deux pétroliers ont été touchés par « des projectiles d'origine inconnue » alors qu'ils sortaient de ce détroit hautement stratégique, selon l'agence maritime grecque Marisks.
Les cours des hydrocarbures ont bondi après ces nouvelles hostilités, le baril WTI américain repassant le seuil des 90 dollars pour la première fois depuis fin juillet, et le gaz européen se négocie au plus cher depuis plus de trois ans. Les autorités iraniennes ont appelé mardi à réduire la consommation d'essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d'importation du fait d'un blocus naval imposé par les États-Unis.
Au coeur de cette nouvelle escalade. L'Iran veut prélever des droits de passage dans le détroit d'Ormuz, où la navigation était libre avant le début du conflit. Le gouvernement américain lui promet une campagne d'« asphyxie » économique de l'Iran, passant par des sanctions dont les contours restent à préciser.
Contenus sponsorisés
Personnalités
Sur le même sujet