L'oeil de la rédaction. L’édito. Budget 2027 : la France vit à crédit en attendant la présidentielle
Dette, budget 2027, taux d’intérêt et climat politique explosif mettent les finances françaises sous pression. Michel Klekowicki, notre éditorialiste du jour, décrypte une équation budgétaire de plus en plus difficile à résoudre.
Michel Klekowicki -
Aujourd’hui à 19:45
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Sébastien Lecornu face à une équation insoluble. Photo Sipa
Manifs de lycéens, résurgence des Gilets jaunes, élection présidentielle, climat détraqué et contexte international foutraque : tous les ingrédients sont réunis pour que la discussion budgétaire se passe mal. L’argent est rare dans les caisses de l’État et les besoins exprimés sont considérables : autant dire que l’équation est insoluble.
D’autant plus que le recours à l’emprunt, cette baguette démoniaque, se heurte désormais au scepticisme des marchés. À dix ans, la France paie l’argent de plus en plus cher et les 5 % d’intérêts actuels condamnent le pays à rouler le rocher de Sisyphe dans une côte toujours plus ardue. Ce qui n’est pas bien tenable puisque nos camarades européens se font - aussi - une joie de nous savonner la planche à billets.
Accord tacite
Les États-Unis et le Japon n’ont pas ce problème : ils émettent leur propre monnaie et peuvent laisser filer leur dette sans se faire tirer l’oreille. À Washington, le « trou » est de 40 000 milliards de dollars, soit 125 % du PIB. Astronomique ? Que nenni non point : Tokyo affiche un endettement de 230 % de son PIB en sifflotant. Pour que le tableau soit complet, la dette souveraine du monde est de 100 000 milliards de dollars, soit 100 % du PIB du globe. Bref, tout cet argent virtuel donne le tournis. Car une chose est sûre : personne ne versera le premier centime du capital dû. C’est la dette à perpétuité sans jamais avoir l’intention de la payer un jour. Accord mondial tacite.
En revanche, il n’est pas question de rater une seule échéance des intérêts d’emprunts. Et c’est là que les choses se corsent pour nous. Devant le micmac politique à venir en 2027 et le précipité social détonant, la confiance des prêteurs s’étiole. Et tous observent le dénommé Lecornu, moine-soldat et Premier ministre de son état, gigoter face à une Assemblée nationale obsédée par la présidentielle. Vous avez aimé le comique du budget 2026 ? Vous adorerez le tragique du millésime 2027…