Ce week-end avait offert de nombreux espoirs à tous les commentateurs des plateaux télé et à Donald Trump lui-même. Seulement voilà, Vladimir Poutine ne semble pas prêt à la plus infime concession envers l'Ukraine. Les espoirs du monde douchés ; et sous-jacent, une guerre larvée entre l'Europe et la Russie après que l'Allemagne ait pointé du doigt les exactions russes sur son territoire. Sale temps pour le monde.

Benoît Gaudibert -

Aujourd’hui à 20:05 | mis à jour aujourd’hui à 21:07

  • Temps de lecture :

L'UKraine a connu ce week-end quelques jours de répit, le temps d'une rencontre entre les émissaires américains et le gouvernement ukrainien. Photo Alexandre Marchi

L'UKraine a connu ce week-end quelques jours de répit, le temps d'une rencontre entre les émissaires américains et le gouvernement ukrainien. Photo Alexandre Marchi

À l’est, rien de bien nouveau. La visite à Moscou puis à Kiev, ce week-end, des émissaires de Donald Trump ne suscite guère d’espoir, plus de quatre ans après le début de la guerre entre Russie et Ukraine. À l’ombre de ces pourparlers, un autre conflit, plus discret et larvé, a en revanche changé de dimension et fait monter la tension entre Poutine et l’Europe. Frustrée par l’échec de ses troupes sur le terrain, la Russie multiplie les actions de « guerre hybride », ces opérations souterraines menées dans le but de déstabiliser les alliés de l’Ukraine. Sabotages, cyberattaques, survol de drones, ingérences électorales… les incidents attribués aux services de renseignements russes se succèdent en Europe.

Sanctions contraignantes

Cette surenchère a conduit le gouvernement allemand à hausser le ton, un mois après le projet d’attaque au drone explosif survenu à l’aéroport de Leipzig. Rompant avec le langage diplomatique et la traditionnelle prudence des chancelleries européennes en pareil cas, Berlin a vivement réagi et désigné Moscou comme responsable. L’Union européenne a dénoncé de son côté un acte de « terrorisme d’État ». Un palier a clairement été franchi dans le bras de fer qui oppose la Russie aux Européens, déterminés à montrer au Kremlin qu’une ligne rouge avait été franchie et qu’ils n’entendaient pas rester les bras croisés face à ces agressions à répétition. Rien n’indique toutefois que les protestations des alliés vont dissuader Vladimir Poutine de poursuivre cette guerre hybride. C’est même plutôt une escalade qui est à craindre, la moindre étincelle pouvant s’avérer explosive. Seule certitude à ce stade : tout signe de faiblesse, d’un côté comme de l’autre, sera aussitôt exploité par le camp adverse. La fermeté nouvellement affichée par Berlin et l’UE n’aura de poids que si elle s’inscrit dans la durée et s’accompagne de sanctions envers la Russie suffisamment contraignantes pour faire fléchir Poutine.