La Commission européenne accélère sa stratégie en matière d'intelligence artificielle en lançant un vaste programme de sept gigafactories dédiées à l'IA. Doté de 10 milliards d'euros de financements publics et destiné à mobiliser jusqu'à 20 milliards d'euros d'investissements privés, le projet entend renforcer les capacités de calcul du continent.

L'Union européenne franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de souveraineté numérique. La Commission européenne a officialisé un programme d'investissement de 10 milliards d'euros pour construire sept gigafactories consacrées à l'intelligence artificielle. L'objectif est de doter l'Europe d'infrastructures de calcul de très grande capacité afin de soutenir aussi bien la recherche que le développement industriel de l'IA.

Bruxelles espère également attirer au moins 20 milliards d'euros de capitaux privés grâce à cette initiative, qui s'inscrit dans une volonté plus large de renforcer la compétitivité européenne face aux États-Unis et à la Chine.

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7 gigafactories pour accroître la puissance de calcul européenne

Une gigafactory d'IA regroupe au sein d'une même infrastructure des accélérateurs de calcul de dernière génération, des services cloud, des logiciels spécialisés, des réseaux à très haut débit ainsi que des centres de données. Ces plateformes doivent permettre aux entreprises, laboratoires de recherche et organismes publics d'accéder aux ressources nécessaires pour entraîner et exploiter des modèles d'intelligence artificielle de grande taille.

Initialement limité à cinq installations, le programme a été étendu à sept en raison de l'intérêt marqué des États membres. Ces nouvelles infrastructures viendront compléter les 19 usines d'IA déjà déployées en Europe, avec l'ambition de constituer un réseau de calcul capable de répondre aux besoins croissants de l'écosystème européen.

Les candidatures sont ouvertes aux fournisseurs de technologies, opérateurs cloud, institutions publiques et investisseurs, qui pourront se présenter sous la forme de consortiums ou d'entités ad hoc. Les dossiers devront être déposés avant le 12 novembre.

AMD, Nvidia et Qualcomm déjà mobilisés

La Commission européenne prévoit de sélectionner les opérateurs des futures gigafactories au début de l'année 2027. Les infrastructures retenues devront entrer en service dans les 18 mois suivant la signature des contrats.

Le projet suscite déjà l'intérêt des principaux acteurs de l'industrie des semi-conducteurs. AMD, Nvidia et Qualcomm ont signé des lettres d'intention avec la Commission européenne afin de fournir les processeurs d'intelligence artificielle destinés aux futurs opérateurs des gigafactories.

Pour la commissaire européenne chargée des technologies, Henna Virkkunen, ces infrastructures constituent un levier stratégique. Selon elle, l'accélération du développement de l'intelligence artificielle rend indispensable un accès à une puissance de calcul massive afin de permettre à l'Europe de rester compétitive dans la course mondiale à l'IA.