L'Union européenne suspend ses importations de bœuf du Brésil
À partir de jeudi 3 septembre, la Commission européenne va suspendre toutes ses importations de bœuf et de volaille en provenance du Brésil. Bruxelles reproche à son partenaire commercial un manque de visibilité sur ses règles sanitaires.
Publié le : 01/09/2026 - 14:22
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C'est l'utilisation abusive d'antibiotiques dans les élevages brésiliens qui pose problème. Des médicaments qui seraient administrés au bétail non pas pour traiter une maladie, mais pour aider les bêtes à mieux digérer l'herbe et grossir plus vite. La suspension des importations brésiliennes concerne aussi les œufs et le miel.
« Le Brésil est un partenaire important de l'UE et nous travaillons étroitement, de manière constructive et positive, avec les autorités brésiliennes afin d'assurer leur conformité à ces exigences. Une fois cette conformité démontrée, les exportations vers l'UE pourront reprendre », a précisé une porte-parole de l'exécutif européen à l'AFP lundi 31 août. Le gouvernement brésilien n'a pas commenté l'annonce dans l'immédiat, bien qu'il ait fait valoir en mai qu'il « prendrait rapidement » toutes les mesures nécessaires pour que le commerce reprenne.
Transparence exigée
Sauf que l'Union européenne interdit ce genre d'utilisation « non médicale ». Une règle fixée pour lutter contre la résistance des microbes aux médicaments. Bruxelles exige donc plus de transparence sur l'utilisation que les éleveurs brésiliens font des antibiotiques.
Une fois la conformité des traitements démontrée, les importations pourront reprendre, précise l'Europe, sans pour autant fixer de date.
Concernant les volailles, des expertises sont en cours, et si elles s'avèrent concluantes, dans les semaines qui viennent, elles pourraient de nouveau être autorisées à rentrer dans l'Union européenne. Un délai qui devrait cependant être bien plus long pour le bœuf, son cycle de production étant plus étendu dans le temps.
En 2025, le Brésil était le deuxième exportateur vers l'UE de viande bovine, avec plus de 92 000 tonnes de produits bovins, représentant plus de 713 millions d'euros.
Cette suspension des importations de bœuf et de volailles est aussi un moyen pour Bruxelles de donner des gages de sa vigilance, après avoir été vivement critiquée par les éleveurs français, en janvier dernier, lors de la signature de l'accord de libre-échange avec les pays latino-américains du Mercosur : Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay.