La Belge Julija, 57 ans, fait partie des milliers de disparus au Népal : « Ses deux fils attendent des nouvelles, dans une grande incertitude... »
« Lave torrentielle », séisme, nouvelle vague... : ce que l’on sait de la crue dévastatrice qui a frappé le Népal et le Tibet
Au moins 359 morts, 900 disparus et des villages engloutis au Népal et au Tibet : comment cette catastrophe d’une violence extrême a-t-elle pu se produire ?
Le bilan ne cesse de s’alourdir. Les secours ont extrait jeudi les corps d’au moins 392 victimes de la gigantesque mer de boue qui a dévasté la veille la frontière du Népal et de la Chine. Ils poursuivaient leurs efforts pour tenter de retrouver plus de 1.400 personnes encore portées disparues. Le Népal paie le plus lourd tribut avec 389 tués, contre trois au Tibet chinois.
Mais comment un tel drame a-t-il pu se produire ? Mercredi, le ministre népalais des Affaires étrangères, Shishir Khanal, avait indiqué qu’un séisme aurait pu avoir provoqué un glissement de terrain qui a obstrué la vallée d’une rivière, entraînant une soudaine et puissante montée des eaux en aval.


Une hypothèse qui a désormais été balayée au profit de celle de l’effondrement d’un glacier. « Un énorme bloc de glace s’est détaché d’un glacier à environ 5.200 mètres d’altitude » et a chuté « dans une vallée », selon Simon Cox, scientifique à l’institut néo-zélandais GNS Science. D’après les premières estimations, on parle d’un effondrement dont l’ampleur située entre « un demi-million de mètres cubes et plusieurs dizaines de millions de mètres cubes ». L’effondrement du glacier a été d’une violence telle qu’il a été enregistré à tort comme un événement sismique de magnitude 5,2.
D’après les experts, le bloc de glace, une fois tombé, serait arrivé dans un lac glaciaire existant un peu plus bas. Mais l’afflux aurait été tel que celui-ci aurait débordé. On a alors vu dévaler une « lave torrentielle ». « C’est-à-dire une quantité d’eau extrêmement importante qui dévale la vallée », a indiqué Étienne Berthier, glaciologue au Centre national de la recherche scientifique, sur France 2.
Une immense vague marron
Ceci s’est produit alors que le niveau des rivières est déjà élevé en cette saison en raison de la fonte estivale des glaciers en amont et des pluies de mousson. Le volume de la crue a par ailleurs été amplifié par la boue et les débris arrachés sur plusieurs kilomètres au fur et à mesure de sa progression.
Une immense vague marron a d’abord frappé un poste-frontière. Ce poste-frontière est l’un des principaux points de passage pour les touristes voyageant entre le Népal et le Tibet. Au cours des 6 premiers mois de l’année, plus de 100.000 personnes l’ont emprunté.
Les images de vidéosurveillance côté chinois montrent la violence de l’événement. On peut y voir un imposant bâtiment et des personnes tentant de fuir être engloutis en quelques secondes.



La vague a ensuite poursuivi sa course vers l’aval, au Népal, emportant des habitations et leurs occupants. Une autre vidéo montre des travailleurs de la région de Mailung, dans le district de Rasuwa, au nord du Népal, échappant de justesse au mur d’eau.
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Le changement climatique
Bien qu’il soit difficile d’attribuer pour le moment un potentiel lien entre le changement climatique et cette catastrophe, le réchauffement de la planète est un stress permanent pour ces anciens fleuves de glace, expliquent les experts.
D’après Simon Cook, maître de conférences spécialisé en glaciologie, plusieurs événements similaires se sont produits ces dernières années. « Quand on observe la succession de ces événements, on se dit que le changement climatique pourrait bien avoir un impact ». Cité par nos confrères de la BBC, il explique que le réchauffement climatique pourrait être à l’origine du dégel et de la dégradation du pergélisol, qui maintient partiellement la cohésion de certains flancs de montagnes.
Toujours selon la BBC, des inquiétudes subsistent quant à d’éventuelles « deuxièmes et troisièmes vagues ». Celles-ci pourraient être provoquées par des débris dans la rivière.