La Belgique est-elle prête à faire face à des feux de forêt ? "Oui", affirment les autorités", "Non", répond le président des pompiers
Face au réchauffement climatique qui devrait multiplier les risques de sécheresse et d'incendies de végétation, la Belgique a-t-elle les armes suffisantes pour réagir ? Questionné sur le sujet à la Foire de Libramont, le premier ministre Bart De Wever a livré une réponse quelque peu évasive. "C'est une question très difficile, parce que les incendies que l'on voit maintenant en Europe, c'est du jamais vu, a-t-il indiqué. Donc on est préparé, mais je pense qu'il faut bien étudier ce qui se passe maintenant en France, en Espagne, et estimer le risque que de telles choses puissent se produire chez nous."
Les people face aux incendies qui touchent le Cap-Ferret : "Je pense à toutes les personnes qui, comme moi, ont dû évacuer leur maison"Au sein du cabinet de l'Intérieur, on se montre plus concret. "Nos pompiers disposent aujourd'hui d'une expertise accrue et d'un meilleur équipement pour lutter efficacement contre les incendies de forêt et de végétation, assure le cabinet de Bernard Quintin. Les zones de secours présentant le plus grand risque d'incendie de forêt ou de végétation ont considérablement investi ces dernières années dans du matériel spécialisé : on parle ici par exemple de camions spécifiques destinés aux feux de forêts, en plus des autopompes normales. Des formations de pointe sont également données à nos pompiers de terrain par des experts qui ont été se former à l'étranger – et notamment en France, qui connaît de tels phénomènes depuis longtemps."
En termes de logistique, la Belgique dispose aussi d'une capacité aérienne opérationnelle via la Police fédérale. "Cinq hélicoptères peuvent être équipés de bambi bucket (NDLR : grands seaux qui permettent de déverser de grandes quantités d'eau). Nous avons des pilotes et des opérateurs formés spécifiquement. Et nous allons encore continuer à renforcer ces capacités – notamment en personnel", poursuit le cabinet.

En cas d'incendies majeurs, la protection civile peut intervenir également, en mettant à disposition des bassins d'eau temporaires placés à des endroits stratégiques. Notamment pour permettre aux pompiers de remplir leurs citernes si aucune canalisation n'est disponible. Mais aussi pour permettre aux hélicoptères de remplir leurs bambi buckets pour gagner un temps précieux.
Pas de canadair, par contre. Le cas échéant, encore faudrait-il avoir des étendues d'eau suffisamment importantes pour s'approvisionner.
Pas suffisant selon le président des pompiers
Suffisant ? "Nous ne sommes pas encore totalement prêts, il y a encore du travail, mais depuis 15 ans, nous avons fait de très grands pas en avant. Nous avons des procédures, des formations, nous achetons du matériel", a indiqué Olivier Giust, capitaine des pompiers de Liège, à nos confrères de RTL.
Nos pompiers sont-ils prêts pour une éventuelle canicule ou des inondations? "J'aimerais dire qu'on a retenu les leçons du passé, mais non"Mais le président de la fédération des pompiers de Belgique, Marc Gilbert, est moins dithyrambique. "Cinq hélicoptères pouvant lâcher 1 tonne d'eau, ce n'est vraiment pas grand-chose en cas d'incendie majeur, indique-t-il. Et la plupart des camions dont nous disposons ne sont pas adaptés à des interventions en milieu compliqué. Cela fait des années que je me bats pour obtenir plus de moyens pour les zones de secours mais ça n'arrive qu'au compte-goutte alors qu'on a trouvé des milliards pour la défense et la police. Les soldats du feu sont les sempiternels parents pauvres.

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