La Belgique perd son bras de fer avec Ryanair : pourquoi la compagnie low cost va restreindre ses vols à partir de Charleroi
Pour favoriser l’usage du train aux dépens des vols courts (mais aussi dans une optique budgétaire), le gouvernement fédéral fera passer la taxe d’embarquement de 5 à 7 € en 2027, pour les vols de plus de 500 km.
Le Fédéral avait d’abord envisagé de faire grimper la taxe à 10 €. Craignant pour les activités de l’aéroport de Charleroi, Adrien Dolimont avait plaidé auprès de Bart De Wever pour une hausse limitée. Le ministre-président wallon a obtenu gain de cause.
Ryanair va mettre ses menaces à exécution
Mais même avec une augmentation rabotée, Ryanair a peu gouté à la décision. La compagnie aérienne irlandaise à bas prix retirera cinq avions de l’aéroport de Charleroi et supprimera deux millions de sièges. Et ce, dès les saisons d’hiver 2026 et d’été 2027.
“Il est absurde que le gouvernement fédéral ait décidé d’augmenter la taxe aéronautique de la Belgique”, a tancé Eddie Wilson, l’un des dirigeants de Ryanair.
Taxe pour les avions, Ryanair en colère contre Charleroi (et l’Arizona), Zaventem sous pression: voici 4 dossiers tendus autour des aéroports en Belgique“Nous avions averti le Premier ministre De Wever que [cette] augmentation […] entraînerait une baisse du trafic.”
La stratégie du low cost, à tout prix
L’entreprise dit vouloir relocaliser une partie de ses activités vers la Hongrie, la Slovaquie ou l’Albanie, qui suppriment leurs taxes aériennes. Reste à voir si elle a vraiment intérêt à déforcer Charleroi, qui serait l’une de ses bases lui rapportant le plus par passagers.
Par le passé, le géant du low-cost a pu bénéficier d’aides pour développer ses activités européennes.
Voyages en train: ça coûte parfois plus cher qu’un vol low cost... mais pourquoi il ne faut pas les éviter pour autant ?Ici, il semble moins goûter l’intervention des pouvoirs publics. Cette décision rappelle son unique objectif : faire voler ses avions au coût le plus bas possible. Des coups de pouce, oui, des contraintes fiscales, surtout pas….
Comment ont réagi les autorités wallonnes?
“Je n’ai pas l’intention de trembler à chacune de [ses] sorties”, a réagi Adrien Dolimont après la décision de la compagnie. Ryanair représente 80 % du trafic total de l’aéroport : la séquence illustre la nécessité de diversifier ses clients pour s’affranchir de cette dépendance.
L’épisode montre également qu’un État seul a peu de leviers à actionner face à une multinationale jouant de la concurrence entre autorités pour exercer ce qui ressemble à du chantage à l’emploi.
Ces techniques permettent aux multinationales d'éviter des milliards d'euros d'impôts en Belgique: voici comment lutterC’est au niveau européen que la régulation des activités de ce genre d’entreprises risque d’être la plus efficace…
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