Comment expliquer cette performance ?

Son réseau d’abord, modeste, mais bien choisi au départ de New York et vers l’Europe, autant dire sur des routes parmi les plus fréquentées au monde avec des millions de passagers et une croissance continue du trafic.

Depuis l’Europe, New York reste la première porte d’entrée transatlantique. « L’année dernière, et malgré les atermoiements aux États-Unis, l’alternance de stop-and-go sur les mesures de taxation douanière impactant la vision des dirigeants d’entreprises sur les volumes d’affaires et les potentialités, nous avions clôturé notre exercice fin octobre avec des résultats, les meilleurs de l’entreprise, de son histoire récente, et fait de très bons résultats. »

Cette année, en 2026, le paradoxe américain d’une situation économique aux perspectives instables mais avec une place boursière très en forme a joué en faveur de La Compagnie.

Et le PDG de préciser : « C’est bon pour nous. Une grande partie des passagers loisirs est une clientèle américaine qui, en deuxième partie de vie, est relativement aisée en ayant beaucoup investi sur les places boursières.

Cela se traduit par leur pouvoir d’achat qui augmente. Le voyage dans des conditions i["premium"

est alors une possibilité qu’ils recherchent absolument, et La Compagnie rentre dans leur possibilité.

C’est pour cela qu’on a plutôt eu un maintien, voire une accélération du trafic américain, loisirs en particulier, sur nos destinations. ]i»

Une augmentation des demandes de voyages bienvenue dans le sens USA–Europe, car côté européen, les événements du 28 février (déclenchement de la guerre au Moyen-Orient ndlr), ont frappé de plein fouet La Compagnie.

Conséquence : une demande européenne vers les USA ralentie, aussi à cause d’une administration américaine « un peu rigide » sur les contrôles d’immigration, ayant, selon Christian Vernet, dissuadé un certain nombre d’acteurs du tourisme et des clients préférant se déporter vers d’autres destinations.

Les prix du pétrole ayant contraint les dirigeants de La Compagnie à augmenter le prix des billets, la destination US est devenue très chère, notamment pour des voyages en famille, et malgré un prix très compétitif au vu du produit proposé, des arbitrages ont été faits au détriment de la destination américaine.

Cependant, et malgré une demande « molle » dans un sens cet été, Christian Vernet se félicite d’avoir pu, cette année, augmenter les ventes par rapport à l’année dernière de 2 à 5 % en rajoutant de la capacité avec l’affrètement d’un avion de 52 sièges, équipé tout business, auprès d’une compagnie européenne.

Concernant les deux autres avions de la flotte, ils contribuent aussi à « sauver les meubles » pour l’année 2026 qui voit les prix du pétrole s’envoler.

Économes parce que de nouvelle génération et de taille moyenne, la consommation de carburant par passager sur ces deux A321neoLR tout business, comparée à celle des gros porteurs qui traversent l’Atlantique vers New York, génère un écart de - 25 %.

Des performances qui sont un atout précieux, très précieux ces temps-ci.

Ainsi, l’exercice 2026, qui se termine à la fin du mois d’octobre, et sauf accident de parcours, devrait atterrir une fois encore dans le vert.

De 2026, on retiendra aussi les belles images des joueurs de l’équipe de France de football transportés aux États-Unis par La Compagnie.

Une belle opération, un beau moment de notoriété. « Des joueurs d’équipes qui jouent dans une Coupe du Monde, qui voyagent dans des conditions qui sont très exigeantes, ont permis de montrer que La Compagnie rentre dans ce créneau et ces critères-là, cela a été très positif. On était très heureux de cette opération. On aurait bien aimé ramener la Coupe du Monde avec nous, ce sera pour la prochaine fois », espère Christian Vernet.