Dernier volet de l'odyssée d'Ariane Ascaride dans la vie et l'œuvre de Marcel Pagnol : un adieu à l'écrivain-cinéaste, doublé d'une mise en garde contre les clichés dont on a recouvert la Provence.

Au terme de quinze épisodes, Ariane Ascaride referme son voyage en compagnie de Marcel Pagnol. Elle y aura cherché autre chose que le folklore : un auteur de récits, salué en son temps par son camarade du lycée Thiers Albert Cohen, qui le surnommait « le petit Lord de la Méditerranée ». Et une coïncidence dont Pagnol lui-même s'amusait : il est né le 28 février 1895, l'année même du cinéma. Il raconte dans une archive comment, invité par Louis Lumière à Bandol pour ce qu'il croyait être son propre anniversaire, il découvrit qu'on y fêtait les quarante ans de la première projection publique — celle de La Ciotat, où sa mère se trouvait avant de rentrer accoucher à Aubagne.

L'épisode revient sur Le Château de ma mère et sur cette mère, Augustine, disparue quand Marcel avait quinze ans. On y retrouve la clé de Bouzigues qui ouvrait toutes les portes des domaines à traverser, et le vieux comte qui, chaque samedi, coupait pour Augustine les roses rouges dont il avait créé l'espèce et qu'il avait appelées « les roses du roi ». Le livre lui-même doit beaucoup au hasard : commandé avec insistance par l'épouse du journaliste Pierre Lazareff pour son magazine, il naît sous la pression d'un cycliste venu chercher six pages qui n'existaient pas encore. Pagnol se met à écrire — et le flot des souvenirs revient.

À écouter

France Inter

50 min

Le récit s'achève le 18 avril 1974, à La Treille, où René Clair accompagna son ami jusqu'au petit cimetière. Ariane Ascaride lit l'hommage prononcé ce jour-là au nom de l'Académie française, celui d'un homme qui portait l'habit brodé de l'Institut avec la même aisance que la blouse du maçon. Une dernière question affleure : que reste-t-il d'un auteur quand on cesse de le lire comme un dépliant touristique ?