L'enquête est ouverte notamment pour de possibles délits liés à la fabrication d'images truquées "dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère" ou d'une entité "sous contrôle étranger".

Publié le 07/08/2026 13:27

Mis à jour le 07/08/2026 13:50

Temps de lecture : 1min

L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le 23 juin 2026 à Paris. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)
L'eurodéputé Place publique Raphaël Glucksmann, le 23 juin 2026 à Paris. (MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)

A huit mois de l'élection présidentielle, la justice se penche sur des soupçons d'ingérence russe dans la campagne électorale, après la diffusion d'une fausse vidéo visant à discréditer Raphaël Glucksmann, probable candidat à gauche et critique virulent de Vladimir Poutine. Sollicité par l'AFP, le parquet de Paris a annoncé, jeudi 7 août, avoir décidé d'ouvrir une enquête pour vérifier si l'eurodéputé et chef de file de Place publique a bien été la cible d'une opération de déstabilisation menée par le groupe prorusse Storm-1516, directement piloté par le GRU, les services secrets de l'armée russe. Cette opération fait partie d'une série de tentatives de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, qui a ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle.

L'enquête, confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, est ouverte notamment pour de possibles délits liés à la fabrication d'images truquées "dans le but de servir les intérêts d'une puissance étrangère" ou d'une entité "sous contrôle étranger", a précisé le parquet. L'eurodéputé Place publique avait dénoncé l'opération de "déstabilisation" que constituait la diffusion de cette vidéo "entièrement truquée" impliquant sa compagne, la journaliste Léa Salamé, et le journaliste Edwy Plenel. L'eurodéputé social-démocrate avait appris du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) qu'il avait été "la cible d'une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU".

Le faux reportage "usurpant l'identité du média français Blast" affirmait que Léa Salamé "aurait tenté de 'soudoyer' plusieurs médias en échange d'une couverture favorable à sa campagne comme futur candidat à l'élection présidentielle de 2027", a rappelé le parquet. Cette opération de désinformation avait été détectée fin juillet et a bien été menée par Storm-1516, a confirmé mardi à l'AFP une source sécuritaire. "La section de protection des libertés fondamentales du parquet de Paris a ouvert d'initiative une enquête à la suite de l'évocation par la presse" de ces soupçons, a précisé le parquet de Paris.