La levée des sanctions sur le diesel donne à la Russie « les moyens de faire la guerre », estime l’UE
La cheffe de la diplomatie de l’Union européenne a fait part de ses craintes à la suite de l’accord noué entre Trump et Poutine, vendredi 9 octobre.
Au lendemain de l’annonce de la levée des sanctions sur le diesel russe, les réactions se succèdent. Après celle de Volodymyr Zelensky, c’est désormais la cheffe de la diplomatie de l’UE qui s’est exprimée sur le sujet. Kaja Kallas a averti que l’accord entre Moscou et Washington contribue à alimenter la guerre menée par le Kremlin contre l’Ukraine.
« Suspendre les sanctions sur le diesel russe donne à Moscou davantage de revenus pour faire la guerre. Ce n’est pas le moment d’alléger la pression sur la Russie, et l’Europe ne le fera pas », a-t-elle écrit sur les réseaux sociaux.
« Des frappes russes ont tué plus de 80 civils ukrainiens en deux jours » et la Russie « a intensifié ses attaques hybrides contre l’Europe, tant contre les États membres de l’UE que contre les alliés de l’OTAN », a-t-elle ajouté.
Donald Trump a annoncé vendredi 9 octobre avoir négocié la livraison de quantités massives de diesel russe aux marchés américain et mondial, levant pour ce faire des sanctions qui pèsent sur Moscou, au grand dam de Volodymyr Zelensky qui a dénoncé une décision « indigne ».
« Un cessez-le-feu est nécessaire »
L’UE de son côté a promis de continuer à renforcer ses propres mesures contre Moscou. Lundi 12 octobre, les ministres des Affaires étrangères de l’UE doivent ajouter officiellement quelque 1 600 noms sur la liste noire des personnes et entités visées par des sanctions de l’UE liées à la guerre en Ukraine.
En parallèle au post de Kaja Kallas, la Commission européenne, en réponse à l’accord Washington/Moscou sur le diesel, a appelé à une trêve concernant les infrastructures à la fois en Ukraine et en Russie.
« Nous continuons de penser qu’un cessez-le-feu qui protégerait l’approvisionnement alimentaire mondial et les infrastructures énergétiques en Ukraine et en Russie est nécessaire », a fait savoir l’exécutif de l’UE.
« L’Europe connaît trop bien les coûts cachés liés à la dépendance excessive aux hydrocarbures russes, et l’Europe ne souhaite pas alimenter la guerre de la Russie contre l’Ukraine », a ajouté la Commission.