Dormir sous une tente à La Louvière ne l'a pas empêché de prendre régulièrement le volant… de véhicules appartenant à d'autres. Déjà bien connu de la justice, Paul (prénom d'emprunt) comparaissait devant le tribunal correctionnel pour une série de huit vols qualifiés et deux tentatives de vol. Sa compagne est, elle, poursuivie pour recel.

Depuis le 26 mars, l'homme est détenu à la prison de Mons. "Son casier judiciaire est long comme le bras", a rappelé la présidente du tribunal. Selon le parquet, Paul dérobait essentiellement des voitures afin de se déplacer gratuitement, avant de les abandonner une fois qu'elles ne lui étaient plus utiles.

Parmi les victimes figure Michaël, qui s'est fait voler deux véhicules alors qu'il se trouvait à son domicile avec sa femme et ses enfants. "La Volkswagen était une voiture de société, mais la Dacia m'appartenait", a-t-il expliqué à la barre.

L'auto volée et filmée

L'enquête a véritablement démarré le 27 mars, lorsqu'un automobiliste a signalé le vol de sa Fiat. Grâce aux caméras ANPR, les policiers ont retracé le parcours du véhicule et l'ont localisé quelques heures plus tard sur l'autoroute, à hauteur de La Louvière. À bord se trouvaient Paul et sa compagne.

"Les policiers se sont rapidement aperçus qu'ils étaient suspectés de plusieurs vols", a expliqué le substitut du procureur. Il a décrit un couple vivant dans une grande précarité. "Monsieur commet des vols principalement la nuit. Il s'empare de clés de voiture, vole également de l'outillage et abandonne les véhicules lorsqu'il n'en a plus besoin."

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Les enquêteurs ont également découvert plusieurs objets volés à proximité de la tente où le couple vivait. Si la jeune femme conteste toute participation aux vols, elle reconnaît avoir bénéficié des biens dérobés.

27 condamnations

Le ministère public a insisté sur les 27 antécédents judiciaires de Paul, estimant qu'il avait déjà bénéficié de toutes les mesures de clémence possibles. Il a requis trois ans de prison ferme. Pour sa compagne, qui ne compte que deux antécédents de police, le parquet a sollicité une peine d'un an de prison, tout en se disant ouvert à une mesure de faveur.

La défense a plaidé la dernière chance. Me Biletska a rappelé que son client, né en 1981, avait déjà passé dix-huit années de sa vie derrière les barreaux et qu'un conflit familial l'avait conduit à la rue. Elle a demandé qu'une peine de travail lui soit accordée.

De son côté, Me Danczak a sollicité la même mesure pour la compagne de Paul, évoquant une femme fragilisée par un divorce difficile, tombée dans la précarité et ayant accepté une hospitalisation en psychiatrie. "Elle a eu tort de fermer les yeux sur certaines choses, mais elle tente aujourd'hui de se reconstruire", a plaidé son avocate.

Le jugement sera rendu à la mi-août.